mercredi 18 novembre 2015

Ouzbékistan 2015


L'Ouzbékistan, la mer d'Aral, la Route de la Soie... L'Asie centrale. Voici une destination particulière pour un voyage en solitaire. Une vraie expérience. 



Mon escale terminée à Moscou, j'embarque à 21h30 pour Tachkent, Ouzbékistan. Cette escale d'une douzaine d'heures en Russie a été courte, éprouvante mais..... magique. 


Beaucoup de films à bord mais je suis complètement claqué. Une journée à arpenter la place rouge, ça use. Et puis j'ai très peu dormi dans l'avion la nuit dernière et la journée qui m'attend demain va être interminable. Il faut que je dorme un peu.


Le 7 août.
Arrivée à 2h50 à Tachkent. J'ai très peu dormi. L'arrivée se fait dans le bruit et la cohue. Il y a beaucoup de monde. Une heure d'attente à la douane. Je rencontre deux Français pas très causants. Ils n'ont sans doute pas très envie de retrouver un compatriote à l'autre bout du monde. Pour le dépaysement, c'est vrai qu'il y a mieux. Finalement, il y a pas mal de Français. Quelque part, c'est un peu rassurant car j'arrive dans l'inconnu. Vingt minutes aux bagages. Ouf, mon sac à dos est bien là. Premier problème réglé. D'ailleurs, je prends les problèmes les uns après les autres. Il faut rester lucide et réactif malgré la fatigue. Je me retrouve avec une fiche à compléter en ouzbek. Ca se complique. Une fille russo-ouzbèque ou  ouzbèquo-russe, au choix, est assise à côté de moi. Nous faisons connaissance. Elle travaille en France, à Maubeuge. Elle m'aide à compléter ma fiche, comme quoi il y existe souvent des coups de pouces du destin. Elle me demande ce que je fais dans "son pays de merde". Elle a honte de ce "bordel" à l'aéroport. Elle parle quatre langues, travaille dans l'exportation du pétrole et du gaz. Nous échangeons nos mails. Elle a une adresse à Tachkent. Elle me propose de l'appeler en cas de problème. Ca fait du bien. Voilà une roue de secours. Je fais connaissance de Johann et David, encore deux Français qui se rendent à Khiva, comme moi. Je dois me rendre à l'aéroport domestique situé à quelques minutes de l'aéroport international. Je prends un taxi (5 dollars). Au bout de 500m, le chauffeur s'arrête le long de la route et éteint ses phares. Il me propose d'échanger 200 euros au marché noir avec un taux de change de 1€ pour 3200 soums. Le taux officiel étant de 1€ pour 2800 soums. J'accepte pensant faire une bonne affaire. De toute façon, je ne suis pas en état de négocier davantage. Je suis sale, fatigué mais la journée ne fait que commencer. Il est environ 4h30. Je retrouve les deux Français à l'aéroport domestique.







Leur vol pour Khiva est à 8h30. Ils ont eu un taux de change de 1€ pour 3500 soums, bien meilleur que le mien. Par contre, ils ont payé leur taxi 10 dollars. Ce sont de grands voyageurs. Ils ont pris le transsibérien !!! Nous discutons longuement. J'ai beaucoup de temps devant moi. Mon vol est à...13h. 8h à attendre !!!! J'essaie de négocier avec une hôtesse une place pour le vol de 8h30. Elle me propose d'attendre que le dernier passager monte pour voir s'il reste une place. L'attente est très longue. Je dors, allongé parterre, dans un coin de l'aéroport mais très vite des gardiens me font comprendre que j'ai l'air d'un mendiant et qu'il fat que je dégage. Avant qu'ils ne prennent leur vol de 8h30, je m'organise avec Johann et David pour un aller-retour à la mer d'Aral, demain. Louer un taxi collectif à trois, c'est plus avantageux. Nous échangeons nos mail et nous nous quittons. Le vol est complet, je ne peux pas monter. Pendant les quelques heures d'attente, j'observe les Ouzbeks. Ce ne sont pas tout à fait des ours. Ils ont l'air normaux, avec des téléphones portables.
13h30 !! Enfin, l'heure de l'embarquement. L'avion semble correct, en état. C'était aussi une crainte pour les vols internes. Certes, un bon coup de peinture ne serait pas du luxe. 





Deux heures de vol jusqu'à Khiva.  Aucun stress. tout se passe bien. Nous survolons essentiellement de grandes étendues désertiques. L'avion tient le coup. C'est plutôt une bonne nouvelle. Nous allons arriver vivant. Nous apercevons un fleuve puis une zone beaucoup plus verte avec de grandes exploitations.     


Arrivée à Urgench. Ville située à 30 mn environ de Khiva. Il fait chaud mais sans plus. Je demande à deux Italiens si je peux m'incruster dans le taxi qui les mène à leur hôtel. Ils sont très sympas et acceptent sans difficulté. Ils paient 10$ pour les deux. Ils sont cool et très fêtards. Ils étaient à Almaty au Kazakhstan où ils ont fait la java jusqu'au petit matin dans les boites de nuit de la ville. L'un d'eux s'appelle Juan Paolo. Le taxi me dépose à mon hôtel, le plus luxueux du séjour. Un gamin de 12 ans, grippé, tient l'accueil pendant les vacances. Il est malin, débrouillards et très bien éduqué. L'hôtel donne sur Ichan-Kala, la ville historique. 



Je suis enfin arrivé. Mes bagages sont déposés. Une bonne douche me fait le plus grand bien après quasiment 48h de voyage dont deux nuits en avion. Malgré la fatigue, je n'ai qu'une envie : me balader !!!!!


En arrivant, j'avais repéré ces femmes en train de laver leur tapis sur le bord de la route. Je passe presque qu'une heure à les observer et à discuter avec elles.  










 










Les murs de Ichan-Kala (Citadelle interne). Au soleil couchant, ils prennent une superbe touche orangée.   








Khiva est un enchantement. C'est magnifique. Il y a très peu de touristes. En tout cas, on les voit moins, surtout le soir. Cette ville respire la tranquillité, la quiétude. Les gens discutent devant leur maison, se promènent à pied, en bicyclette. Tout fonctionne au ralenti. On a l'impression de remonter les siècles. Certains parlent d'une ville musée. C'est vrai qu'avec un peu de concentration, on imaginerait facilement ces caravanes de chameaux arriver aux portes de la ville après des semaines de traversée de désert. A Khiva, nous sommes dans un autre monde, à une autre époque.     






un camion hôtel... très original. Chaque couchage est une petite case rappelant les capsule-hôtel de Tokyo. 





























Le soir venu... la magie opère. J'ai parfois l'impression d'être dans un décor sorti tout droit des Mille et Une Nuits.








Je retrouve mes deux compatriotes Johann et David dans un resto où, semble-t-il quelques touristes français et italiens, entre autres, se sont donnés rendez-vous. Salade de chou, pâtes au basilique et pastèque. Ca fait vraiment du bien de manger des fruits et des légumes. Pour les risques, on verra cette nuit... Je retourne à l'hôtel, donne de mes nouvelles trois jours après mon départ. Internet ne fonctionne que dans le hall d'accueil. La connexion est lente mais avec de la patience, je parviens à communiquer. Le petit de l'accueil a une fièvre carabinée. Il dort sur le canapé à côté en attendant que les clients arrivent. Je regarde la télévision locale un moment. J'ai le choix entre de la musique... traditionnelle et un aquarium. Je vais passer une vraie bonne nuit dans un vrai grand lit.  



Le 08/08/2015 : Lever à 6h. La nuit a été courte mais réparatrice. Journée marathon ! Départ pour Moynaq, vers la mer d'Aral. Dix heures de taxi aller-retour. 





Notre chauffeur aux dents dorées, ci-dessous à droite, n'hésite pas à dépasser allègrement le 140 km/h malgré la route parfois en piteux état. Un nid de poule mal placé et hop....



Mini tornade de sable. 


Arrêt toilettes, jus de cerises à 10h. On meurt de faim.

















Après plusieurs heures de pilotage et une longue traversée de zones arides, nous apercevons la pancarte de Moynaq, autrefois port situé au sud de la mer d'Aral. Moynaq comptait 13 000 habitants en 1991. Cette ville connaissait une économie active dans le domaine de la pêche et de la mise en conserve.  





Située à 885 km de Tachkent, Moynaq est une Ville du bout du monde. Une ville étrange avec des carcasses de bateau mais... sans mer. Les rues ne sont pas désertes mais on ne peut pas dire que ça respire la vie. Un vent assez fort fait rouler quelques broussailles comme dans les westerns. Un air de désolation plane dans les environs.  




 Nous nous arrêtons un moment dans le petit musée local.  









Il est intéressant de voir à quel point la bêtise de l'homme peut engendrer des catastrophes naturelles d'une telle ampleur. Ce petit musée nous le rappelle cruellement. 

 La surexploitation du coton est la cause de l’assèchement de la mer d’Aral. A la fin des années cinquante, les soviétiques ont mis en place un plan de conquête des terres vierges. Plus de la moitié du débit de l’Amou Daria et du Sir Daria, les deux fleuves qui alimentent la mer a été utilisée pour irriguer plus de sept millions d'hectares de terres. Le niveau de la mer a commencé a baisser de façon significative et la salinité des sols a provoqué l'extinction de nombreuses espèces. L’emploi à outrance de pesticides et d’engrais pour les cultures de coton a pollué les eaux de toute la région et a multiplié les maladies : cancer, maladies rénales, maladies infantiles, tuberculose...    
La population a déserté les lieux, fuyant le chômage, les maladies et le climat devenu très aride. 




Depuis 1960, la mer d'Aral a perdu 75 % de sa surface, 14 mètres de profondeur et 90 % de son volume, Le nombre d'espèces de poissons est passé de 32 à 6. En 1987, le niveau de la mer d’Aral est si bas qu’elle se scinde: une mer septentrionale au Kazakhstan et une mer méridionale, plus étendue, en Karakalpakie. En 2002, la mer méridionale se divise à son tour en une mer orientale et une mer occidentale. En juin 2014, la mer orientale est totalement à sec. 










"Voici à quoi ressemble la fin du monde (...) Si l’Apocalypse arrive un jour, les habitants de la Karakalpakie seront les seuls à y survivre, car nous l’avons déjà vécue. (...) Pouvez-vous imaginer qu’ici, il y a quarante ans, la mer était profonde de 30 m ?  »  Youssoup Kamalov, chercheur en énergie éolienne à l’Académie des sciences d’Ouzbékistan, président de l’Union pour la défense de la mer d’Aral et de l’Amou-Daria. 





« La tragédie de l’Aral est d’autant plus triste et frustrante que les spécialistes du ministère soviétique de l’Eau savaient très bien qu’ils la condamnaient­», explique Youssoup Kamalov. Le célèbre climatologue russe, Alexandre Voeikov (1842-1916) avait qualifié la mer d’Aral d’«évaporateur inutile» et d’«erreur de la nature». En clair, le bon sens soviétique privilégiait l’agriculture au détriment de la pêche.



Au sol, les bouses de vaches côtoient les coquillages.  

















D'après le chauffeur,  il faut encore parcourir 300 km pour voir la mer.




Alors que du côté ouzbèk, il n'y a plus d'espoir de retrouver la mer d'Aral, au Kazakhstan, des travaux (canal, barrage...) ont été entrepris pour sauver la partie nord de la mer. En 2009, le niveau de la mer était remonté de 6m.  L’Ouzbékistan a planté 300 000 hectares de saxaoul (arbuste), qui produisent 167 000 tonnes d’oxygène  absorbant ainsi 230 000 tonnes de CO2. Ces plantes permettent de réduire l’effet de serre. Mais l’Ouzbékistan reste le 2e exportateur mondial de coton en 2011. Or, le coton est une culture qui demande beaucoup d’eau. (National Geographic) 





Je serais bien resté une journée de plus à parcourir cette ville, à m'imprégner des lieux mais le temps presse. Nous reprenons notre taxi. Cinq heures de taxi nous attendent.   







Plein de gaz. La voiture fonctionne au gaz et à l'essence. 


Petit arrêt dans un bistro pour routiers. Plov bien gras au menu. 







Nous terminons notre journée par la visite de quelques forteresses : Toprak Kala, Ayaz Kala, Ayaz Kala... Sites construits entre le IVème siècle avant JC et VIème siècle de notre ère. 

















Voici les premières yourtes du voyage. Des yourtes pour touristes mais des yourtes tout de même.








Ayaz Kala 










Le soleil se couche. Le désert rougit. Cette fin de journée est magnifique.   






Retour de nuit sur Khiva. Nous faisons confiance à notre chauffeur pour éviter les nids de poules, les vaches et autres charrettes. Je suis épuisé. 12 heures de taxi. Mais quelle expérience ! Beaucoup disent qu'une journée suffit et qu'il n'y a pas grand chose à faire à Moynaq mais avec quelques jours de plus, j'aurais prolongé jusqu'à la mer d'Aral, 300km plus au nord et j'aurais dormi sous la tente comme l'ont fait d'autres touristes que j'avais croisés hier à Khiva. Puis j'aurais passé du temps à Moynaq pour visiter l'ancienne usine de mise en conserve et pour arpenter les rues désertées. A l'hôtel, j'essaie d'avoir quelques nouvelles du pays. Internet fonctionne au ralenti, il faut de longues minutes pour envoyer des mails. La famille va bien, Sochaux a perdu, une fois de plus. Il est temps pour moi d'écouter la musique locale à la télévision ouzbèk avant de m'effondrer dans mon lit.  



Le 09/08/2015 : Journée beaucoup plus tranquille. Pas de route, pas de trajet, pas d'avion. La journée la plus calme depuis trois jours. Petit déjeuner : pain, beurre, charcuterie, fromage, oeuf... De quoi remettre quelqu'un d'aplomb après 72 heures épuisantes. Aujourd'hui, c'est jour de marché à Khiva. Du monde, de l'effervescence et de la chaleur. Je me rends aux portes de la ville pour découvrir et ressentir les étalages de légumes, de fruits, d'épices, de volailles, de poissons et de viandes... 




















































Les boucheries". Il vaut mieux avoir le coeur et l'estomac bien accrochés.   



















Les visites se font facilement. Il faut dépenser 5000 soums pour monter au-dessus du minaret, 5000 soums pour visiter une mosquée et pour 10$ (ce qui est assez cher), il est possible de visiter trois musées. Un resto coûte entre 18 000 et 25000 soums (entre trois et six euros) suivant ce que je prends (taux de change 1€ = 5400 soums environ). 


La Route de la Soie

La route de la soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine à la ville d' Antioche, en Syrie médiévale (aujourd'hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie. Elle est évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du IIe siècle av. J.-C. À partir du XVe siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée à cause des conflits, des multiples dangers encourus par les voyageurs, de la rigueur du climat et de l'ouverture par les Européens de la route maritime des Épices. L'abandon de la route de la soie correspond ainsi au début de la période des « Grandes découvertes ». (Wikipedia) 


Les convois de yaks ou les caravanes de chameaux empruntent des voies jalonnées de villes et caravansérails. Toutes les pistes progressent le long d'un chapelet d'oasis-forteresses. En réalité, très rares sont ceux qui ont eu l'occasion de parcourir l'intégralité du trajet: Marco Polo, son père et son oncle furent de ceux-ci. 


Marco Polo sur la Route de la Soie (Herodote.net) 

Les marchandises venues d' Orient ou d'Occident s'échangent dans les oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés non seulement par les commerçants mais aussi par les pèlerins, les soldats et les espions.

Retour à Khiva















































Photos prises depuis le sommet du minaret. On dit que dans les anciens temps, les Imams de Khiva étaient aveugles car du haut du minaret il était possible d'observer la vie privée des habitants et par conséquent d'apercevoir des femmes dénudées. On repérait alors les enfants aveugles de la ville, on leur apprenait le coran par coeur dans des écoles et on choisissait l'un d'entre eux pour devenir imam.    















Le soir approche. La chaleur se fait moins ressentir. Nous sommes dimanche en fin d'après-midi. Et les dimanches en fin d'après-midi sont trrèèèès calme à Khiva. La foule s'est dissipée. Les gens restent en famille, dans leur foyer. Les touristes se font beaucoup plus rares mais on ne voit plus qu'eux. Je flâne dans les rues. Je m'arrête chez des charpentiers, j'observe des sculpteurs de bois. Je prends mon temps. Je découvre la vie tranquille d'un dimanche après-midi à Khiva.   














Depuis deux jours, je n'ai pas entendu d'appel à la prière. C'est étonnant. On m'expliquera plus tard que l'appel à la prière est interdit en Ouzbékistan. En effet, le gouvernement cherche à contrôler la croissance et le niveau de la vie religieuse dans la société. L’une des raisons avancées par les dirigeants est la nécessité de lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Une loi restrictive sur les organisations religieuses et sur la liberté de conscience a été promulguée en 1998 : toutes les activités des communautés religieuses non enregistrées sont considérées comme illégales. L’éducation religieuse est limitée aux écoles reconnues par l’État, où elle est strictement encadrée. (L'observatoire de la liberté religieuse)
Au fil des années, l’Ouzbékistan a accumulé de nombreux records en matière de déni ou de violation de la liberté de religion. En 2013, le gouvernement de Tachkent figure parmi les 15 pays de la liste « Tier 1 » des pays dits de « préoccupation particulière » du rapport annuel de la Commission américaine sur les libertés religieuses internationales (USCIRF). C’est la septième année consécutive que l’Ouzbékistan se voit attribuer cette distinction douteuse. « Les Églises vivent dans la peur des descentes de police, des interruptions des services religieux, de la confiscation du matériel et de l’imposition d’amendes de plus en plus fréquentes et lourdes ». (Le rapport de 2013 de Portes Ouvertes) 
En juin 2012, le comité des Nations Unies contre la torture (CAT) a dit qu’il est « suffisamment établi » que l’Ouzbékistan suit un « modèle d’atteintes grossières, flagrantes et massives contre les droits de l’homme, avec un risque non négligeable de tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants… en particulier pour ceux qui pratiquent leur religion en dehors du cadre officiel ». (L'observatoire de la liberté religieuse)

















Le soir, les gens arrosent les rues, sans doute pour éviter que le vent ne soulève la poussière.  


























Petit resto à 20h. Je prépare la suite du voyage. Je réfléchis à mon itinéraire. Je dîne avec ma carte et mon LonelyPlanet. Je vis un grand moment de liberté. Avoir le luxe de décider seul de ce que l'on veut faire, c'est quand même sympa. Mais je remarque que nous sommes trois à être seuls à table, avec nos guides... Ca me file un peu le bourdon.   



Le 10/08/2015, je quitte Khiva dans un taxi assez luxueux, pour 20$. L'office de tourisme me proposait le même tarif pour un taxi collectif. Direction Boukhara. Six heures de route à travers le désert. Nous allons chercher deux Japonais dans un petit hôtel situé à l'extérieur de a ville. Nous serons trois pour le voyage. Ca me fait du bien de bouger, de voir autre chose. Je commençais à avoir le bourdon. Sans doute, le fait de voyager seul. Il me faut du rythme.
Après une heure de route sans rencontrer grand monde, premier arrêt. Achat de melons sur le bord de la route. Je retrouve mes deux amis italiens en transfert aussi pour Boukhara. Le hasard fait bien les choses !!!!! En fait, ce n'est pas tout à fait le hasard puisque les taxis à touristes partent tous à peu près à la même heure, s'arrêtent toujours aux mêmes endroits, pour le pain les fruits, les restaurants de routiers, donc il ne faut s'étonner de rencontrer les mêmes touristes à plusieurs endroits sur un circuit assez classique : Khiva, Boukhara, Samarcande....   








Arrêt gaz. Le chauffeur ne parle pas beaucoup, voire pas du tout. Il nous dit simplement que l'on traverse le désert Kyzylkoum, 16ème plus grand désert du monde. Il n'y a pas grand monde sur les quatre voies. Ah si !!!! Nous doublons trois 4L chargées à bloc avec des petits jeunes tout excités. Des Français participant au Mongol Rally. La grande vie !!!!!     




Check point à 241 km de Boukhara. 5000 soums de bakchich au policier. A quelques kilomètres de là, un policier, venu de nulle part, stoppe notre taxi. Après 30 mn de discussion, notre chauffeur paie une amende assez importante. Déjà qu'il ne parlait pas beaucoup, là, la tension est palpable.    



Arrêt repas dans un resto pour touristes. Même en voyageant seul, on arrive à se retrouver avec des cars de touristes. Des Français, beaucoup de Français. Une soupe, deux chachlyk et on repart.       



A certains endroits, la nature reprend ses droits. Il vaut mieux ne pas rouler de nuit si l'on ne veut pas finir dans une dune.





Trous, dunes, travaux, camions, check point. Voici le programme des 150 derniers kilomètres.  





Arrivée à Boukhara !!!! Enfin. 


Le taxi m'arrête à mon hôtel. Un joli petit hôtel plein de charme. 









Très vite, je jette mes affaires sur le lit et je fonce en ville. Le vieux centre n'est qu'à 500m. Balade de fin de journée... 




 

 

 

 






 



La petite Khiva semble bien loin. Avec Boukhara, nous changeons d'échelle. Plus de monde, de circulation, plus de touristes, plus de vie. 




 





 






 




 




 





Nasr Eddin Hodja est personnage mythique de la culture musulmane. Il aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284. Ses nombreuses histoires racontées des Balkans à la Mongolie étaient morales, malicieuses et souvent dotées d'une joyeuse sagesse.  


Plusieurs couples de jeunes mariés se font prendre en photo. Ils défilent dans les rues, dans les parcs, se font shooter dans les endroits les plus touristiques.  





Passage incontournable sur la Route de la soie, au centre du royaume perse, Boukhara a plus de 2000 ans.  C'est l'exemple le plus complet d'une ville médiévale islamique d'Asie centrale du Xème au XVIIème. La ville a subi de nombreuses invasions dont celle de Gengis Khan en 1220. Boukhara apparaît surtout comme une ville religieuse. On parle de 365 mosquées et de 140 monuments classés au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. 

 


 





La balade est très agréable. Je croise par-ci par-là des touristes déjà aperçus à Khiva. Les gens discutent dehors. Les bâtiments sont splendides.  




Le Po-i-Kalyan est un complexe religion composé de la médersa Mir-i Arab, du minaret Kalon et de la mosquée Kalon. 




Terminé en 1127, le minaret Kalyan faisait la fierté de Boukhara. C'était la plus haute construction de la ville. Gengis Khan lui-même, subjugué par sa majesté, décida de l'épargner. Du haut de ses 47 mètres, le muezzin y lançait l'appel à la prière cinq fois par jour. Ce minaret servait aussi de tour d'observation et de phare dans la nuit pour les caravaniers arrivant du désert. C'est du sommet de cette tour qu'on jetait également les condamnés, enfermés dans un sac de jute avec un chat sauvage (châtiment appliqué aux épouses adultères) ! Usage qui perdura jusqu'au XIXème  siècle. 




 










Petit resto sur la place centrale. Je partage ma table avec un chauffeur de bus pour touristes. Il m'explique entre autres que la majorité des touristes sont français et italiens, que Boukhara est le bon endroit pour manger des chachliks, qu'il a travaillé en France et que le bon taux de change est d'environ 4500 soums pour 1 euro....  









Le 11/08/2015. Journée consacrée à Boukhara. 



 

 

 

 



 









   

l'Ark est une forteresse dont la configuration actuelle date du XVIème siècle. La première forteresse sur ce site a été construite au VIIème siècle. Elle a servi de résidence aux émirs jusqu'en 1920, date de destitution du dernier émir par les forces russes. 








La mosquée Bolo Haouz (ce qui signifie « près du bassin ») a été construite en 1712, en face de la citadelle d'Ark. Avant 1920, elle servait de mosquée du vendredi où venait prier l'émir. On peut admirer l'iwan (entrée d'honneur) de 12 mètres de hauteur, bordé d'un avant-toit soutenu de vingt colonnes de bois peint qui servait de salle de prières d'été. 














Balade au marché de Boukhara 

















Le mausolée Ismaïl Samani 


Je retrouve les jeunes Français avec leur 4L. Ca ne semble pas tourner rond. L'un d'entre eux a perdu son passeport. Il va falloir qu'il se rende à l'ambassade. Plusieurs expéditions font la Silk road, d'autres participent au Mongol Rally, des Anglais en particulier. Créé en 2003, le Mongol Rally est un raid motorisé à vocation humanitaire qui se déroule entre Londres et Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, sans assistance.    















La prison de Boukhara : le Zindan.
Tristement célèbre, cette prison construite au XVIIIème  siècle tentait de rivaliser avec l'enfer. Le vendredi, on libérait certains prisonniers des chaînes qui leur encerclaient le cou, et les parents ou passants compatissants pouvaient leur apporter de la nourriture pour la semaine. La punition suprême n'était peut-être pas la mort mais un puits de 6 m de profondeur, le " puits noir ", où les condamnés se faisaient oublier au milieu des rats et de tous les insectes les plus voraces. Ella Maillart raconte que l'on élevait des punaises spécialement pour la torture des prisonniers en les habituant à la viande crue. Certains captifs réussissaient à y survivre plusieurs mois. En 1839, un Anglais, le lieutenant Charles Stoddart, chargé de conclure une alliance avec l'émir Nasrullah, goûta à la détresse du puits noir pour avoir manqué de respect à l'émir en circulant à cheval alors qu'il aurait dû marcher, et en marchant lorsqu'il aurait dû ramper. 


De plus, sa lettre de mission n'émanait pas de la reine Victoria. Il séjourna six mois au fond du trou avant de gagner sa grâce en se convertissant à l'islam. Il restait prisonnier mais avait la liberté de circuler dans la ville et séjournait dans ses propres appartements. En septembre 1840, un capitaine de l'infanterie légère du Bengale, Arthur Conolly, vint s'enquérir du sort de son compatriote et tenter de le délivrer. Peu après son arrivée, l'armée anglaise fut défaite en Afghanistan à la bataille de Khyber Pass. L'émir, en position de force, persuadé de surcroît par ses conseillers que Conolly était un espion, fit jeter les deux hommes dans le puits noir. En juin 1842, Conolly refusant de se convertir à l'islam, les deux officiers anglais furent exécutés sur la place du Registan, où, probablement, leurs corps reposent toujours. On ne sait rien de leur mort, il est dit cependant que Stoddart, converti à l'islam, mourut décapité ou égorgé mais sans souffrances. Conolly, qui refusa la conversion, n'eut probablement pas cette chance. L'histoire est connue grâce au carnet que Conolly a tenu jusqu'au fond de son puits, et qui fut retrouvé par le révérend Joseph Wolff en 1845. Celui-ci ne sauva sa tête qu'en faisant rire l'émir, en criant " Allah Akbar " trente fois de suite, tout en se prosternant. (Le Petit Fûté)





Cet équipage a passé au moins six heures à essayer de réparer une casse mécanique. Ils ont terminé à la frontale.   



Retour à l'hôtel. Je réfléchis à la deuxième moitié de mon voyage : le Kirghizistan.  Le désert et la ville me donnent des envies de fraîcheurs et d'altitude. Coupler l'Ouzbékisan et le Kirghizistan, comme je l'avais prévu au départ, est une excellente option. Ne serait-ce que pour la variété des paysages. Passer de la mer d'Aral au pic Lénine (7134m), c'est quand même pas mal. Mais je ne peux pas organiser grand chose à l'avance. Par contre, j'écourte d'une journée mon séjour chez les Ouzbèks pour me donner un maximum de temps chez les Kirghizes.


Gengis Khan



Gengis Khan, né Temüjin, (v.1155 - 1227) est né dans les steppes d'Asie centrale sous le nom de Temutchin vers 1155, dans le clan mongol des Qyiat. Son père Yesügai, le chef du clan, négocie le mariage du garçon avec la fille d'un chef de clan voisin, Börte. Mais Yesügai meurt peu de temps après. Orphelin, le jeune Temutchin mène une vie errante dans la steppe avec sa mère, ses frères et sa soeur. Ayant survécu jusqu'à l'âge d'homme, il va réclamer la main de sa fiancée. Chose promise, chose due. Le mariage consacre le premier rapprochement entre deux clans mongols. Rassuré sur son avenir, Temutchin se fait bientôt proclamer Khan et prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il ne va avoir de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe, Mongols et Turco-Mongols. C'est chose faite au printemps 1206. Agé d'une quarantaine d'années, il se fait reconnaître souverain par toutes les tribus et se voit conférer le nom de Gengis Khan («roi universel» en mongol).


Fort de son prestige, Gengis Khan rallie à lui deux autres peuples de la steppe, les Ouïghours et les Öngüt, installés aux confins de la Chine, et entame la conquête de celle-ci avec plusieurs centaines de milliers de cavaliers. En mai 1215, il occupe Pékin, massacre la population et rase la cité. Gengis Khan revient vers l'Ouest, abat le royaume des Kara-Khitaï en 1218 et se retrouve dès lors maître de toute la Haute Asie ainsi que de la Chine du nord. En 1219, il franchit le Syr-Darya, entre en Transoxiane (l'Ouzbékistan actuel) et marche sur Boukhara. La prestigieuse cité, riche de trésors de l'art islamo-persan, est occupée en février 1220 et sa garnison massacrée. Mais Gengis Khan s'abstient de mettre à sac la ville. Même indulgence pour Samarcande, le mois suivant. Par contre, il ravage l'Afghanistan. Des centaines de milliers de gens sont massacrés. Pour le chef mongol, cette façon de terroriser les populations ennemies en les massacrant sitôt qu'elles esquissaient un geste de résistance, était la seule manière de les maintenir dans la soumission.



Reprenant le chemin de la steppe, le conquérant meurt vers 70 ou 72 ans des suites d'une chute de cheval. Son corps est ramené en Mongolie. Sur le chemin du retour, son escorte tue tout témoin du cortège afin que le lieu de sa dernière demeure reste secret. Ce lieu n’ayant pas été découvert, le mausolée de Gengis Khan n’est en fait qu’un cénotaphe. (Herodote.net, Wikipédia )
 Aujourd’hui, Gengis Khan est devenu le symbole d’une Mongolie en quête d’identité. Son visage apparaît sur des étiquettes de vodka et des billets de banque.
 Citations

« Celui qui n’obéit pas au Iassa perd sa tête. [...] De même qu’il n’y a qu’un dieu invisible dans le ciel, il n’y a qu’un maître sur la terre, c’est moi, Gengis Khan. [...] Le devoir des Mongols est de venir quand j’appelle, d’aller quand j’ordonne, de tuer qui j’indique. [...] Le plus grand bonheur du Mongol est de vaincre l’ennemi, de ravir ses trésors, de faire hurler ses serviteurs, de se sauver au galop de ses chevaux bien nourris, de se servir du ventre de ses femmes et de ses filles comme de couches et de prendre plaisir à leur beauté... »



12/08/2015
Aujourd'hui, je dois me rendre à Samarcande. Le taxi que j'avais réservé la veille ne veut pas me prendre seul. Il me dépose à la station des taxis collectifs. J'attends 15 mn, le temps de trouver encore deux personnes pour compléter le taxi. Tout est parfaitement organisé. Une femme médecin et ses deux enfants feront le chemin avec moi. Nous partons vers 8h40. Changement de taxi à mi-chemin . On contrôle mon sac à dos et mon passeport. Trois nouvelles personnes montent avec moi pour effectuer la fin du trajet. C'est assez long.


Arrivé à Samarcande, Installation rapide et je file en ville.   






Tout est plus grand. Samarcande c'est encore la taille au-dessus si l'on compare à Boukhara. Il y a deux ou trois grands axes principaux. C'est assez simple de s'y repérer. Je mange un bout dans un resto près du Régistan. Une soupe avec pas grand chose dedans. C'est très mauvais et j'ai faim. Deux Snikers achetés dans un petit supermarché feront l'affaire.  


Premier passage devant la place du Régistan. Incontournable. Le centre historique de la ville. Petite visite. 











Intérieur de la Mosquée de la médersa Tilla Kari. 





Le Régistan est difficile d'accès car une grande fête se prépare. Le président Karimov sera de la partie. Les répétitions s'enchaînent avec marionnettes géantes, chorale d'enfants...  













Balade dans la ville





Les taxis se font souvent contrôlés. Ca n'a plus rien à voir avec Khiva. Ici, les policiers sont omniprésents. On sent une pression constante. Je dois montrer mon passeport et un papier qui prouve que je suis bien dans un hôtel.  J'achète deux bananes et deux yaourts pour 10 000 soums dans un petit supermarché. Le prix ne correspond pas à celui qui était affiché mais on m'explique que les prix ont changé. Bref, c'est l'arnaque mais j'ai faim. Samarcande est une grosse ville et l'envie profonde d'aller dans les montagnes kirghizes gagne du terrain.  Malgré la splendeur des monuments, j'ai envie de partir. Sans doute la solitude se ressent-elle davantage en ville. Parfois, j'ai l'impression d'errer de mosquée en mosquée. Et pourtant je mesure la chance que j'ai d'être ici. Il faut que je retrouve du rythme pour ne pas sombrer dans l'ennui. Il y a une grande réunion familiale le 15 août et je savais que je la manquerais en venant ici. Il faut savoir ce que l'on veut. Mais, j'y pense quand même. Un de mes oncles est mort aujourd'hui. J'ai un petit moment de mou. Heureusement, ça va bouger demain. 


Marché de Samarcande : le Siab Bazaar. 

 







































Une petite école 













La place du Régistan à la tombée de la nuit.  

















13/08/2015  Visite de Samarcande. 

 



 


La mosquée Khazret Khizr attire rapidement l'attention lorsque l'on se promène en direction du Siab Bazaar. Perchée sur une colline, cette mosquée, dédiée à Elie, le saint patron des voyageurs et des eaux souterraines, fut construite sur le site d'une autre mosquée, elle-même édifiée à l'emplacement d'un des plus anciens lieux saints de la ville, à l'époque préislamique. La vue depuis le sommet du minaret est superbe.







Cimetière situé juste derrière la mosquée Khazret Khizr.  





Autre cimetière situé à quelques dizaines de mètre de la mosquée Khazret Khizr. 














Retour en ville 



 























Des adeptes du Mongol Rally 



Islom Karimov est le président de la République d'Ouzbékistan en poste depuis le 24 mars 1990. Il est à la tête d'un des États les plus répressifs au monde. Il gagne la première élection présidentielle en 1991 avec 86 % des suffrages. En 1995, il organise un référendum qui étend son mandat jusqu’en 2000 et obtient 100 % des voix. Puis Karimov est réélu en 2000 avec 91,6% des voix face au seul autre candidat Djalalov. Ce dernier ne cache même pas qu’il n’est qu’un candidat servant à donner au régime un minimum de façade démocratique et que, d’ailleurs, il a personnellement voté pour Karimov. En 2002, Karimov fait encore prolonger son mandat par référendum.
Les ONG présentes dans la région ainsi que ainsi que l'ONU dénoncent les tortures, la répression contre l’opposition politique et religieuse, le manque de liberté de la presse. 
Voulant créer une image positive en occident pour y obtenir des investissements dans les industries du pays en manque de réformes structurelles, Karimov essaie de montrer quelques signes d’évolution du régime. Ainsi lors de la venue à Tachkent, en 2004, de Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense des États-Unis, et des médias internationaux qui le suivent, Karimov fait libérer une femme condamnée à six ans de prison pour avoir dénoncé les tortures qui ont causé la mort de son fils.


Ne voulant pas être déstabilisé par les Etats-Unis, Karimov ouvre son territoire et ses bases aériennes aux militaires américains qui combattent en Afghanistan à partir de 2001. L’Ouzbékistan devient pour quelques années un allié stratégique des États-Unis, et ce jusqu’en 2005 quand il fait un brusque virage vers Moscou et expulse les militaires américains de son sol. En 2005, il réprime une insurrection à Andijan, dans la vallée de Ferghana, en faisant tirer sur les insurgés à la mitrailleuse lourde, 169 morts selon les sources officielles ouzbèks, plus d’un millier selon des ONG présentes sur place. En 2007, Karimov est à nouveau élu pour sept ans avec 88,1 % des voix. Trois autres candidats « alternatifs » participent au scrutin, mais ils soutiennent tous implicitement la candidature de leur « rival » Karimov. En 2015, Karimov est réélu avec plus de 90 % des suffrages. À 77 ans, le président le plus âgé des quinze anciennes républiques soviétiques repart donc pour un quatrième mandat de cinq ans. (Wikipédia)  


14/08/2015 : Lever tranquille. Un taxi m'emmène à une banque muni d'une ATM. Je n'ai plus beaucoup de liquide. Le Kirghizistan s'approche à grand pas et je ne sais pas trop ce que je trouvera là-bas. Pas de chance, le distributeur est en panne. J'ai moins d'une heure pour retirer de l'argent et pour prendre le train à la gare principale. Mais, ça se complique. Je dois me rendre au guichet pour demander 300$. En fait, je dois me présenter à trois guichets !!! Ca prend 20 mn. Je commence sérieusement à me demander si j'aurai mon train pour Tachkent. Je regarde par la fenêtre pour voir si mon taxi n'est pas parti avec mes affaires. Après toute une série de tampons et après avoir complété plusieurs fiches de renseignements, je ressors  rapidement de la banque pour reprendre mon taxi. J'arrive à la gare. Contrôle des papiers et de mon sac. J'arrive seulement quelques minutes avant le départ.  



J'ai une place en première classe pour 18$. Tout était plein en classe économique. Boisson et petit sandwich offert pour le trajet. Nous sommes trois, côte à côte. Un père et son fils partagent le compartiment avec moi. Le fils voyage pas mal pour son travail. Il connaît un peu la France.   


Mes genoux me font mal. J'espère que je pourrai crapahuter au Kirghizistan. Arrivée à Tachkent à 15h. Je dois trouver un taxi à la sortie de la gare. C'est la cohue. Des dizaines de chauffeurs, des rabatteurs me sautent dessus. Il faut faire preuve de maîtrise, d'autorité et de patience pour trancher entre tous. 15 000 soums jusqu'à mon hôtel situé de l'autre côté de la ville: le Jahongir B&B hotel, voilà ce que j'ai pu négocier. Vu la distance, ça m'a semblé correct. Installation rapide à l'hôtel. L'accueil est chaleureux. Je jette mes affaires sur le lit et je file jusqu'au métro. Mon objectif : me rendre au bazar de Tchorsou situé à deux stations. Pour accéder aux quais, je dois montrer mon sac et mon passeport et prouver que je séjourne dans un hôtel de Tachkent.    


Interdiction de prendre des photos dans le métro. Un policier est là pour me le rappeler. Trop tard, c'est fait.  




Le Bazar de Tchorsou, est le plus grand et plus ancien des marchés de Tachkent. Son existence semble remonter à 2000 ans, ce qui en ferait non seulement l'un des marchés les plus anciens d’Ouzbékistan, mais également de toute l’Asie Centrale. Je goûte des fruits secs, du raisin noir et des pêches. 

 










Le soir arrive. Je rentre à l'hôtel via le métro. Je ne suis plus seul au  Jahongir B&B hotel. Trois Français fument une cigarette sur la terrasse. Ca me fait un bien fou de discuter avec eux. Ils ont énormément voyagé ensemble depuis qu'ils se connaissent, c'est-à-dire depuis l'université. Ce sont de grands voyageurs. Ils ont notamment fait un séjour en Mongolie dans un endroit perdu, chez l'habitant. Passionnant. Ils me racontent comment les gens s'arment pour se défendre contre les loups. Nous décidons de manger ensemble au resto situé à cinq minutes à pied de l'hôtel. Ils me racontent leur voyage de neuf mois à travers l'Asie. Ce que nous mangeons est délicieux. Ils dépensent leurs derniers billets avant de rentrer demain en France. Je passe un bon moment avec eux. Nous terminons le repas par une chicha à la menthe. Nous rentrons à l'hôtel aux alentours de minuit. Demain, nos chemins se sépareront. Eux retourneront en France, d'ailleurs, ils ont très envie de rentrer. Et moi, je tenterai de me rendre au Kirghizistan, et ce sera une autre aventure. Il va me falloir un peu de courage. En attendant, bonne nuit. 



15/08/2015. Alors que toute ma famille va se retrouver aujourd'hui autour d'un Pousse rapière, je me lève à 6h30 pour un petit déjeuner rapide. Je monte dans un taxi qui me conduit à la station de taxis collectifs à destination d'Och, au Kirghizistan. Comme d'habitude, tout est parfaitement organisé. Une fois le prix négocié (20$), il n'y a plus qu'à attendre que le taxi soit complet.      

 


Finalement, mon trajet se fera avec trois Ouzbèks. Pas un mot dans la voiture. La route est longue surtout les deux ou trois premières heures. Ca monte et nous sommes chargés. J'ai le temps de réfléchir à la suite de mon programme. Il va falloir que je trouve deux ou trois personnes avec qui je formerais un groupe pour faire un tour dans les montagnes kirghizes. Ce serait l'idéal. Pour l'instant, il faut arriver à Andijan puis passer la frontière puis se débrouiller pour trouver un moyen de transport qui m'amènerait jusqu'à Och. Réglons les problèmes les uns après les autres. Déjà plusieurs check point. Toujours le même cérémonial, fouille du sac, présentation de mon passeport. J'ai l'habitude. Je suis d'ailleurs le seul à bord du taxi à aller au poste de contrôle, les autres étant tous Ouzbèks. J'ai juste peur qu'ils me gardent mon passeport pour une raison quelconque.  



 

Arrêt soupe. Impossible de comprendre ce q'il y a sur le menu. Je prends comme mes compagnons de voyage. Le pain sec me cale bien l'estomac.  




Arrêt pain 





Nous arrivons à Andijan. Deux passagers descendent et je comprends à cet instant que l'on va me conduire jusqu'à la frontière ce qui est une bonne nouvelle. En fait, non. Le taxi me dépose à 2 km de la frontière. Le chauffeur discute alors avec le chauffeur d'un autre taxi. Il lui donne un billet et me dit que c'est avec lui que j'irais à la frontière sans supplément. J'obéis, donc, et me retrouve dans un vieux tacot complètement défoncé. Il reste très peu de route heureusement.
A la frontière ouzbèk, je suis vraiment seul avec mon sac. Mon coeur bat plus vite. Les policiers, armés de mitraillette, auraient pu faire de la figuration dans Midnight Express. Première fouille. Tout y passe, appareil photo, ordinateur. Ils regardent mes photos, mes fichiers. Je dos déclarer le cash que je sors d'Ouzbékistan. Deux Belges (Léo et Amauri) complètent les petites fiches de sortie du territoire. Je saute sur l'occasion pour leur demander ce qu'ils envisagent de faire au Kirghizistan. Ils ont cinq jours en gros, comme moi et veulent faire un tour dans les montagnes à partir d'Och. Nous nous entendons immédiatement. Le groupe est formé. Enorme soulagement. Ils vont d'ailleurs m'aider à régler un problème. Je quitte le territoire avec les 250$ retirés à Samarcande avant de prendre le train. Comme je n'avais pas de devises américaines en entrant en Ouzbékistan, je n'ai pas le droit d'en avoir pour ressortir. Du coup, Léo me prend mes dollars, les note sur sa fiche de déclaration et me les rendra une fois la frontière passée. Au poste, il y a également trois femmes d'une soixantaine d'années. Et puis, nous voyons passer deux Australiennes, fort jolies, en train de pousser leur van en panne. Nous leur proposons de l'aide mais les policiers refusent car nous devons passer la frontière séparément. Elles sont parties de Londres pour se rendre en Australie. Pas peur, les filles !! Espérons qu'elles pourront réparer leur problème d'embrayage. En tout cas, c'est la première fois que je vois des touristes de la journée. Il est 17h. Nous avons changé d'heure. Une heure de plus. Après 20 mn de fouille et de paperasse, nous quittons le premier poste frontière. Nous marchons 200m avant d'arriver au poste Kirghize. Passeport, fouille, enregistrement. Nous voici enfin a Kirghizistan !!!!!





Retour après un séjour au Kirghizistan

Le 21/08/2015.  Après une petite semaine passée au Kirghizistan, me voici de retour à la frontière Ouzbèk, avec Amauri. Nous devons nous rendre à Andijan pour prendre un avion demain. Nous nous sommes séparés de Léo qui va continuer son son incroyable aventure en Inde (10 jours) puis en Chine (1 an) avant de rentrer en Belgique en moto avec des potes. La séparation a été difficile après notre superbe séjour au pied du pic Lénine. Il faut enchaîner. D'abord, la frontière, fouille, passeport, fiche à compléter, refouille, recontrôle... Tout se passe bien sauf pour Amauri à qui on confisque son somnifère pour l'avion. Interdit en Ouzbékistan.        
Frontière kirghize


Nous prenons un taxi pour Andijan. Check point deux kilomètres après la frontière. Fouille complète. Nous vidons complètement nos sacs. Bien loin de nous, la tranquillité des montagnes kirghizes. Quel contraste. Le retour en Ouzbékistan est assez désagréable. Nous avions oublié cette pression militaire pendant quelques jours.  A Andijan, nous cherchons un hôtel. Le premier que nous avons repéré est complet. Nous parcourons une artère très fréquentée et nous tombons sur un hôtel assez luxueux. Après deux nuits en chambre rudimentaire à Och et trois nuits en yourte, nous sommes prêts à lâcher quelques dollars supplémentaires pour une chambre confortable. 15$ par personne pour une grande chambre dans cette hôtel haut de gamme, c'est le grand luxe. Grosse douche chaude. Puis balade dans les rues d'Andijan.  





Nous devons échanger quelques dollars contre des soums. Rien de plus facile à condition de savoir négocier. Nous connaissons les taux. Des dizaines de jeunes avec des sacs en plastique remplis de liasses de billets nous proposent toutes sortes de taux. Ils sont plutôt sympas. Nous arrivons même à plaisanter avec eux. Amauri est rude en affaire. Il ne lâche rien. Il y a très peu de touristes dans les rues.    







Après plusieurs délicieux petits kebabs, nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer après cette longue journée. Le plus dur est passé. Une belle nuit dans un bon lit nous attend. Le luxe, c'est quand même pas mal de temps en temps.


22/08/2015. 
Nous avons choisi de prendre un avion pour rejoindre Tachkent car le voyage allé était vraiment long et les paysages, après avoir vu ceux du Kirghizistan, ne méritent pas que nous passions dix heures dans un taxi avec cinq ou six check point à passer avec à chaque fois le risque de voir se faire prendre nos passeports. 55 mn de vol pour environ 54€. Il y a juste à espérer que l'avion tienne le coup. En montant sur la passerelle, nous remarquons tout de même qu'il n'a pas l'air né de la dernière pluie. 



Le vol s'est très bien passé. Aucun crash. Un taxi nous dépose au Sunrise Stay Caravan. Un hôtel auberge ouvert il y a seulement un mois. C'est une adresse exceptionnelle vu le prix (12$ la nuit), la qualité et la propreté des chambres, les prestations proposées et l'accueil. Le patron parle parfaitement français puisqu'il a fait une partie de ses études à Toulouse et à Nice. Je n'y dormirai pas car mon avion pour Paris est cette nuit à 2h30. Amauri, lui, a un vol deux heures plus tard. Il a souhaité prendre une chambre. Je laisse mes affaires gratuitement dans un petit local et nous partons en balade pour notre dernière journée en Ouzbékistan. Nous retournons au bazar de Tchorsou qu'Amauri ne connaît pas. Nous y retrouvons deux Français que j'avais croisés à l'aéroport à l'aller. Ils m'avaient un peu snobé à ce moment là. 

 

Puis repas gastronomique dans un restaurant assez unique situé tout près d'un cirque. Nous pouvons observer les cuisiniers préparer les plats et choisir en fonction de ce qui nous plaît. Vraiment sympa même s'il y a un monde fou. Nous prenons au moins sept à huit plats de différents que nous partageons. Tout est délicieux.   




Balade dans le complexe religieux Hasti Imam.
 
 





Nous passons notre fin de journée à discuter sur une petite terrasse. Au moins deux heures, tranquilles. C'est la meilleure façon de terminer notre voyage. Nous profitons de nos derniers instants de liberté. Je commence à réaliser que mon voyage était extraordinaire, mon itinéraire assez complet, les paysages très variés et que tout s'est parfaitement bien goupillé. Finalement, je n'aurai pas été souvent seul. J'aurai fait pas mal de rencontres, c'est l'avantage d'être seul, on s'ouvre davantage aux autres.  


 Retour à l'hôtel pour un petit rafraîchissement corporel. Il y a une voiture du Rally Mongol garée devant. Amauri et moi nous séparons. Avec Amauri et Léo, ce fut une belle rencontre et une superbe aventure.   




Je prends un taxi pour l'aéroport. Vol à 2h35. Je retrouve les deux Français avec qui nous avions passé notre fin d'après-midi. Nous patientons ensemble jusqu'à l'embarquement. D'ailleurs, je retrouve d'autres passagers qui avaient pris l'avion avec moi à l'aller. Embarquement. Vol pour Saint-Pétersbourg puis pour Paris. L'aventure s'arrête nette après deux semaines d'aventure. Je suis assez fier d'avoir mener à bien ce périple, seul, ce qui ne paraissait pas si simple au départ. C'est la première fois que je voyageais seul. C'est une vraie expérience. C'est très égoïste, surtout lorsque l'on a une famille. Mais il faut le faire quand même. J'avais choisi une destination sportive que je n'aurais pas fait avec des enfants de sept ans. En tout cas, je serai heureux de les retrouver. Voilà. A bientôt pour une nouvelle aventure.  


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