L'Ouzbékistan,
la mer d'Aral, la Route de la Soie... L'Asie centrale. Voici une
destination particulière pour un voyage en solitaire. Une vraie
expérience.
Mon
escale terminée à Moscou, j'embarque à 21h30 pour Tachkent,
Ouzbékistan. Cette escale d'une douzaine d'heures en Russie a été
courte, éprouvante mais..... magique.
Beaucoup
de films à bord mais je suis complètement claqué. Une journée à
arpenter la place rouge, ça use. Et puis j'ai très peu dormi dans
l'avion la nuit dernière et la journée qui m'attend demain va être
interminable. Il faut que je dorme un peu.
Le
7 août.
Arrivée
à 2h50 à Tachkent. J'ai très peu dormi. L'arrivée se fait dans le
bruit et la cohue. Il y a beaucoup de monde. Une heure d'attente à
la douane. Je rencontre deux Français pas très causants. Ils n'ont
sans doute pas très envie de retrouver un compatriote à l'autre
bout du monde. Pour le dépaysement, c'est vrai qu'il y a mieux.
Finalement, il y a pas mal de Français. Quelque part, c'est un peu
rassurant car j'arrive dans l'inconnu. Vingt minutes aux bagages.
Ouf, mon sac à dos est bien là. Premier problème réglé.
D'ailleurs, je prends les problèmes les uns après les autres. Il
faut rester lucide et réactif malgré la fatigue. Je me retrouve
avec une fiche à compléter en ouzbek. Ca se complique. Une fille
russo-ouzbèque ou ouzbèquo-russe, au choix, est assise à
côté de moi. Nous faisons connaissance. Elle travaille en France, à
Maubeuge. Elle m'aide à compléter ma fiche, comme quoi il y existe
souvent des coups de pouces du destin. Elle me demande ce que je fais
dans "son pays de merde". Elle a honte de ce "bordel"
à l'aéroport. Elle parle quatre langues, travaille dans
l'exportation du pétrole et du gaz. Nous échangeons nos mails. Elle
a une adresse à Tachkent. Elle me propose de l'appeler en cas de
problème. Ca fait du bien. Voilà une roue de secours. Je fais
connaissance de Johann et David, encore deux Français qui se rendent
à Khiva, comme moi. Je dois me rendre à l'aéroport domestique
situé à quelques minutes de l'aéroport international. Je prends un
taxi (5 dollars). Au bout de 500m, le chauffeur s'arrête le long de
la route et éteint ses phares. Il me propose d'échanger 200 euros
au marché noir avec un taux de change de 1€ pour 3200 soums. Le
taux officiel étant de 1€ pour 2800 soums. J'accepte pensant faire
une bonne affaire. De toute façon, je ne suis pas en état de
négocier davantage. Je suis sale, fatigué mais la journée ne fait
que commencer. Il est environ 4h30. Je retrouve les deux Français à
l'aéroport domestique.
Leur
vol pour Khiva est à 8h30. Ils ont eu un taux de change de 1€ pour
3500 soums, bien meilleur que le mien. Par contre, ils ont payé leur
taxi 10 dollars. Ce sont de grands voyageurs. Ils ont pris le
transsibérien !!! Nous discutons longuement. J'ai beaucoup de temps
devant moi. Mon vol est à...13h. 8h à attendre !!!! J'essaie de
négocier avec une hôtesse une place pour le vol de 8h30. Elle me
propose d'attendre que le dernier passager monte pour voir s'il reste
une place. L'attente est très longue. Je dors, allongé parterre,
dans un coin de l'aéroport mais très vite des gardiens me font
comprendre que j'ai l'air d'un mendiant et qu'il fat que je dégage.
Avant qu'ils ne prennent leur vol de 8h30, je m'organise avec Johann
et David pour un aller-retour à la mer d'Aral, demain. Louer un taxi
collectif à trois, c'est plus avantageux. Nous échangeons nos mail
et nous nous quittons. Le vol est complet, je ne peux pas monter.
Pendant les quelques heures d'attente, j'observe les Ouzbeks. Ce ne
sont pas tout à fait des ours. Ils ont l'air normaux, avec des
téléphones portables.
13h30
!! Enfin, l'heure de l'embarquement. L'avion semble correct, en état.
C'était aussi une crainte pour les vols internes. Certes, un bon
coup de peinture ne serait pas du luxe.
Deux
heures de vol jusqu'à Khiva. Aucun stress. tout se passe bien.
Nous survolons essentiellement de grandes étendues désertiques.
L'avion tient le coup. C'est plutôt une bonne nouvelle. Nous allons
arriver vivant. Nous apercevons un fleuve puis une zone beaucoup plus
verte avec de grandes exploitations.
Arrivée
à Urgench. Ville située à 30 mn environ de Khiva. Il fait chaud
mais sans plus. Je demande à deux Italiens si je peux m'incruster
dans le taxi qui les mène à leur hôtel. Ils sont très sympas et
acceptent sans difficulté. Ils paient 10$ pour les deux. Ils sont
cool et très fêtards. Ils étaient à Almaty au Kazakhstan où ils
ont fait la java jusqu'au petit matin dans les boites de nuit de la
ville. L'un d'eux s'appelle Juan Paolo. Le taxi me dépose à mon
hôtel, le plus luxueux du séjour. Un gamin de 12 ans, grippé,
tient l'accueil pendant les vacances. Il est malin, débrouillards et
très bien éduqué. L'hôtel donne sur Ichan-Kala, la ville
historique.
Je
suis enfin arrivé. Mes bagages sont déposés. Une bonne douche me
fait le plus grand bien après quasiment 48h de voyage dont deux
nuits en avion. Malgré la fatigue, je n'ai qu'une envie : me balader
!!!!!

En
arrivant, j'avais repéré ces femmes en train de laver leur tapis
sur le bord de la route. Je passe presque qu'une heure à les
observer et à discuter avec elles.
Les
murs de Ichan-Kala (Citadelle interne). Au soleil couchant, ils
prennent une superbe touche orangée.


Khiva
est un enchantement. C'est magnifique. Il y a très peu de touristes.
En tout cas, on les voit moins, surtout le soir. Cette ville respire
la tranquillité, la quiétude. Les gens discutent devant leur
maison, se promènent à pied, en bicyclette. Tout fonctionne au
ralenti. On a l'impression de remonter les siècles. Certains parlent
d'une ville musée. C'est vrai qu'avec un peu de concentration, on
imaginerait facilement ces caravanes de chameaux arriver aux portes
de la ville après des semaines de traversée de désert. A Khiva,
nous sommes dans un autre monde, à une autre époque.
un
camion hôtel... très original. Chaque couchage est une petite case
rappelant les capsule-hôtel de Tokyo.

Le
soir venu... la magie opère. J'ai parfois l'impression d'être dans
un décor sorti tout droit des Mille et Une Nuits.

Je
retrouve mes deux compatriotes Johann et David dans un resto où,
semble-t-il quelques touristes français et italiens, entre autres,
se sont donnés rendez-vous. Salade de chou, pâtes au basilique et
pastèque. Ca fait vraiment du bien de manger des fruits et des
légumes. Pour les risques, on verra cette nuit... Je retourne à
l'hôtel, donne de mes nouvelles trois jours après mon départ.
Internet ne fonctionne que dans le hall d'accueil. La connexion est
lente mais avec de la patience, je parviens à communiquer. Le petit
de l'accueil a une fièvre carabinée. Il dort sur le canapé à côté
en attendant que les clients arrivent. Je regarde la télévision
locale un moment. J'ai le choix entre de la musique... traditionnelle
et un aquarium. Je vais passer une vraie bonne nuit dans un vrai
grand lit.
Le
08/08/2015 : Lever à 6h. La nuit a été courte mais réparatrice.
Journée marathon ! Départ pour Moynaq, vers la mer d'Aral. Dix
heures de taxi aller-retour.

Notre
chauffeur aux dents dorées, ci-dessous à droite, n'hésite pas à
dépasser allègrement le 140 km/h malgré la route parfois en piteux
état. Un nid de poule mal placé et hop....
Mini
tornade de sable.
Arrêt
toilettes, jus de cerises à 10h. On meurt de faim.
Après
plusieurs heures de pilotage et une longue traversée de zones
arides, nous apercevons la pancarte de Moynaq, autrefois port situé
au sud de la mer d'Aral. Moynaq comptait 13 000 habitants en 1991.
Cette ville connaissait une économie active dans le domaine de la
pêche et de la mise en conserve.
Située
à 885 km de Tachkent, Moynaq est une Ville du bout du monde. Une
ville étrange avec des carcasses de bateau mais... sans mer. Les
rues ne sont pas désertes mais on ne peut pas dire que ça respire
la vie. Un vent assez fort fait rouler quelques broussailles comme
dans les westerns. Un air de désolation plane dans les environs.
Nous
nous arrêtons un moment dans le petit musée local.

Il
est intéressant de voir à quel point la bêtise de l'homme peut
engendrer des catastrophes naturelles d'une telle ampleur. Ce petit
musée nous le rappelle cruellement.
La
surexploitation du coton est la cause de l’assèchement de la mer
d’Aral. A la fin des années cinquante, les soviétiques ont mis en
place un plan de conquête des terres vierges. Plus de la moitié du
débit de l’Amou Daria et du Sir Daria, les deux fleuves qui
alimentent la mer a été utilisée pour irriguer plus de sept
millions d'hectares de terres. Le niveau de la mer a commencé a
baisser de façon significative et la salinité des sols a provoqué
l'extinction de nombreuses espèces. L’emploi à outrance de
pesticides et d’engrais pour les cultures de coton a pollué les
eaux de toute la région et a multiplié les maladies : cancer,
maladies rénales, maladies infantiles, tuberculose...
La
population a déserté les lieux, fuyant le chômage, les maladies et
le climat devenu très aride.

Depuis
1960, la mer d'Aral a perdu 75 % de sa surface, 14 mètres de
profondeur et 90 % de son volume, Le nombre d'espèces de
poissons est passé de 32 à 6. En 1987, le niveau de la mer
d’Aral est si bas qu’elle se scinde: une mer septentrionale au
Kazakhstan et une mer méridionale, plus étendue, en Karakalpakie.
En 2002, la mer méridionale se divise à son tour en une mer
orientale et une mer occidentale. En juin 2014, la mer orientale est
totalement à sec.
"Voici
à quoi ressemble la fin du monde (...) Si l’Apocalypse arrive un
jour, les habitants de la Karakalpakie seront les seuls à y
survivre, car nous l’avons déjà vécue. (...) Pouvez-vous
imaginer qu’ici, il y a quarante ans, la mer était profonde de 30
m ? » Youssoup Kamalov, chercheur en énergie
éolienne à l’Académie des sciences d’Ouzbékistan, président
de l’Union pour la défense de la mer d’Aral et de l’Amou-Daria.
«
La tragédie de l’Aral est d’autant plus triste et frustrante que
les spécialistes du ministère soviétique de l’Eau savaient très
bien qu’ils la condamnaient», explique Youssoup Kamalov. Le
célèbre climatologue russe, Alexandre Voeikov (1842-1916) avait
qualifié la mer d’Aral d’«évaporateur inutile» et d’«erreur
de la nature». En clair, le bon sens soviétique privilégiait
l’agriculture au détriment de la pêche.
Au
sol, les bouses de vaches côtoient les coquillages.
D'après
le chauffeur, il faut encore parcourir 300 km pour voir la mer.
Alors
que du côté ouzbèk, il n'y a plus d'espoir de retrouver la mer
d'Aral, au Kazakhstan, des travaux (canal, barrage...) ont été
entrepris pour sauver la partie nord de la mer. En 2009, le niveau de
la mer était remonté de 6m. L’Ouzbékistan a planté
300 000 hectares de saxaoul (arbuste), qui produisent 167 000
tonnes d’oxygène absorbant ainsi 230 000 tonnes de CO2.
Ces plantes permettent de réduire l’effet de serre. Mais
l’Ouzbékistan reste le 2e exportateur mondial de coton en
2011. Or, le coton est une culture qui demande beaucoup d’eau.
(National Geographic)
Je
serais bien resté une journée de plus à parcourir cette ville, à
m'imprégner des lieux mais le temps presse. Nous reprenons notre
taxi. Cinq heures de taxi nous attendent.
Plein
de gaz. La voiture fonctionne au gaz et à l'essence.
Petit
arrêt dans un bistro pour routiers. Plov bien gras au menu.
Nous
terminons notre journée par la visite de quelques forteresses :
Toprak Kala, Ayaz Kala, Ayaz Kala... Sites construits entre
le IVème siècle avant JC et VIème siècle de notre
ère.
Voici
les premières yourtes du voyage. Des yourtes pour touristes mais des
yourtes tout de même.
Ayaz
Kala
Le
soleil se couche. Le désert rougit. Cette fin de journée est
magnifique.

Retour
de nuit sur Khiva. Nous faisons confiance à notre chauffeur pour
éviter les nids de poules, les vaches et autres charrettes. Je suis
épuisé. 12 heures de taxi. Mais quelle expérience ! Beaucoup
disent qu'une journée suffit et qu'il n'y a pas grand chose à faire
à Moynaq mais avec quelques jours de plus, j'aurais prolongé
jusqu'à la mer d'Aral, 300km plus au nord et j'aurais dormi sous la
tente comme l'ont fait d'autres touristes que j'avais croisés hier à
Khiva. Puis j'aurais passé du temps à Moynaq pour visiter
l'ancienne usine de mise en conserve et pour arpenter les rues
désertées. A l'hôtel, j'essaie d'avoir quelques nouvelles du pays.
Internet fonctionne au ralenti, il faut de longues minutes pour
envoyer des mails. La famille va bien, Sochaux a perdu, une fois de
plus. Il est temps pour moi d'écouter la musique locale à la
télévision ouzbèk avant de m'effondrer dans mon lit.
Le
09/08/2015 : Journée beaucoup plus tranquille. Pas de route, pas de
trajet, pas d'avion. La journée la plus calme depuis trois jours.
Petit déjeuner : pain, beurre, charcuterie, fromage, oeuf... De quoi
remettre quelqu'un d'aplomb après 72 heures épuisantes.
Aujourd'hui, c'est jour de marché à Khiva. Du monde, de
l'effervescence et de la chaleur. Je me rends aux portes de la ville
pour découvrir et ressentir les étalages de légumes, de fruits,
d'épices, de volailles, de poissons et de viandes...


Les
boucheries". Il vaut mieux avoir le coeur et l'estomac bien
accrochés.
Les
visites se font facilement. Il faut dépenser 5000 soums pour monter
au-dessus du minaret, 5000 soums pour visiter une mosquée et pour
10$ (ce qui est assez cher), il est possible de visiter trois musées.
Un resto coûte entre 18 000 et 25000 soums (entre trois et six
euros) suivant ce que je prends (taux de change 1€ = 5400 soums
environ).
La
Route de la Soie
La
route de la soie désigne un réseau ancien de routes
commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an
(actuelle Xi'an) en Chine à la ville d' Antioche, en Syrie médiévale
(aujourd'hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse
marchandise qui y transitait : la soie. Elle est évoquée dans
les chroniques chinoises qu'à partir du IIe siècle
av. J.-C. À partir du XVe siècle, la route de la
soie est progressivement abandonnée à cause des conflits, des
multiples dangers encourus par les voyageurs, de la rigueur du climat
et de l'ouverture par les Européens de la route maritime des Épices.
L'abandon de la route de la soie correspond ainsi au début de la
période des « Grandes découvertes ». (Wikipedia)
Les
convois de yaks ou les caravanes de chameaux empruntent des voies
jalonnées de villes et caravansérails. Toutes les pistes
progressent le long d'un chapelet d'oasis-forteresses. En réalité,
très rares sont ceux qui ont eu l'occasion de parcourir
l'intégralité du trajet: Marco Polo, son père et son oncle furent
de ceux-ci.

Marco
Polo sur la Route de la Soie (Herodote.net)
Les
marchandises venues d' Orient ou d'Occident s'échangent dans les
oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés non seulement par
les commerçants mais aussi par les pèlerins, les soldats et les
espions.
Retour
à Khiva

Photos
prises depuis le sommet du minaret. On dit que dans les anciens
temps, les Imams de Khiva étaient aveugles car du haut du minaret il
était possible d'observer la vie privée des habitants et par
conséquent d'apercevoir des femmes dénudées. On repérait alors
les enfants aveugles de la ville, on leur apprenait le coran par
coeur dans des écoles et on choisissait l'un d'entre eux pour
devenir imam.
Le
soir approche. La chaleur se fait moins ressentir. Nous sommes
dimanche en fin d'après-midi. Et les dimanches en fin d'après-midi
sont trrèèèès calme à Khiva. La foule s'est dissipée. Les gens
restent en famille, dans leur foyer. Les touristes se font beaucoup
plus rares mais on ne voit plus qu'eux. Je flâne dans les rues. Je
m'arrête chez des charpentiers, j'observe des sculpteurs de bois. Je
prends mon temps. Je découvre la vie tranquille d'un dimanche
après-midi à Khiva.
Depuis
deux jours, je n'ai pas entendu d'appel à la prière. C'est
étonnant. On m'expliquera plus tard que l'appel à la prière est
interdit en Ouzbékistan. En effet, le gouvernement cherche à
contrôler la croissance et le niveau de la vie religieuse dans la
société. L’une des raisons avancées par les dirigeants est la
nécessité de lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Une
loi restrictive sur les organisations religieuses et sur la liberté
de conscience a été promulguée en 1998 : toutes les activités
des communautés religieuses non enregistrées sont considérées
comme illégales. L’éducation religieuse est limitée aux écoles
reconnues par l’État, où elle est strictement
encadrée. (L'observatoire de la liberté religieuse)
Au
fil des années, l’Ouzbékistan a accumulé de nombreux records en
matière de déni ou de violation de la liberté de religion. En
2013, le gouvernement de Tachkent figure parmi les 15 pays de la
liste « Tier 1 » des pays dits de « préoccupation
particulière » du rapport annuel de la Commission américaine
sur les libertés religieuses internationales (USCIRF). C’est la
septième année consécutive que l’Ouzbékistan se voit attribuer
cette distinction douteuse. « Les Églises vivent dans la peur
des descentes de police, des interruptions des services religieux, de
la confiscation du matériel et de l’imposition d’amendes de plus
en plus fréquentes et lourdes ». (Le rapport de 2013 de Portes
Ouvertes)
En
juin 2012, le comité des Nations Unies contre la torture (CAT) a dit
qu’il est « suffisamment établi » que l’Ouzbékistan
suit un « modèle d’atteintes grossières, flagrantes et
massives contre les droits de l’homme, avec un risque non
négligeable de tortures et autres traitements cruels, inhumains et
dégradants… en particulier pour ceux qui pratiquent leur religion
en dehors du cadre officiel ». (L'observatoire de la
liberté religieuse)

Le
soir, les gens arrosent les rues, sans doute pour éviter que le vent
ne soulève la poussière.

Petit
resto à 20h. Je prépare la suite du voyage. Je réfléchis à mon
itinéraire. Je dîne avec ma carte et mon LonelyPlanet. Je vis un
grand moment de liberté. Avoir le luxe de décider seul de ce que
l'on veut faire, c'est quand même sympa. Mais je remarque que nous
sommes trois à être seuls à table, avec nos guides... Ca me file
un peu le bourdon.
Le
10/08/2015, je quitte Khiva dans un taxi assez luxueux, pour 20$.
L'office de tourisme me proposait le même tarif pour un taxi
collectif. Direction Boukhara. Six heures de route à travers le
désert. Nous allons chercher deux Japonais dans un petit hôtel
situé à l'extérieur de a ville. Nous serons trois pour le voyage.
Ca me fait du bien de bouger, de voir autre chose. Je commençais à
avoir le bourdon. Sans doute, le fait de voyager seul. Il me faut du
rythme.
Après
une heure de route sans rencontrer grand monde, premier arrêt. Achat
de melons sur le bord de la route. Je retrouve mes deux amis italiens
en transfert aussi pour Boukhara. Le hasard fait bien les choses
!!!!! En fait, ce n'est pas tout à fait le hasard puisque les taxis
à touristes partent tous à peu près à la même heure, s'arrêtent
toujours aux mêmes endroits, pour le pain les fruits, les
restaurants de routiers, donc il ne faut s'étonner de rencontrer les
mêmes touristes à plusieurs endroits sur un circuit assez classique
: Khiva, Boukhara, Samarcande....

Arrêt
gaz. Le chauffeur ne parle pas beaucoup, voire pas du tout. Il nous
dit simplement que l'on traverse le désert Kyzylkoum, 16ème plus
grand désert du monde. Il n'y a pas grand monde sur les quatre
voies. Ah si !!!! Nous doublons trois 4L chargées à bloc avec des
petits jeunes tout excités. Des Français participant au Mongol
Rally. La grande vie !!!!!
Check
point à 241 km de Boukhara. 5000 soums de bakchich au policier. A
quelques kilomètres de là, un policier, venu de nulle part, stoppe
notre taxi. Après 30 mn de discussion, notre chauffeur paie une
amende assez importante. Déjà qu'il ne parlait pas beaucoup, là,
la tension est palpable.
Arrêt
repas dans un resto pour touristes. Même en voyageant seul, on
arrive à se retrouver avec des cars de touristes. Des Français,
beaucoup de Français. Une soupe, deux chachlyk et on repart.
A
certains endroits, la nature reprend ses droits. Il vaut mieux ne pas
rouler de nuit si l'on ne veut pas finir dans une dune.
Trous,
dunes, travaux, camions, check point. Voici le programme des 150
derniers kilomètres.
Arrivée
à Boukhara !!!! Enfin.
Le
taxi m'arrête à mon hôtel. Un joli petit hôtel plein de charme.


Très
vite, je jette mes affaires sur le lit et je fonce en ville. Le vieux
centre n'est qu'à 500m. Balade de fin de journée...
La
petite Khiva semble bien loin. Avec Boukhara, nous changeons
d'échelle. Plus de monde, de circulation, plus de touristes, plus de
vie.
Nasr
Eddin Hodja est personnage mythique de la culture musulmane. Il
aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284. Ses nombreuses histoires
racontées des Balkans à la Mongolie étaient morales, malicieuses
et souvent dotées d'une joyeuse sagesse.
Plusieurs
couples de jeunes mariés se font prendre en photo. Ils défilent
dans les rues, dans les parcs, se font shooter dans les endroits les
plus touristiques.

Passage
incontournable sur la Route de la soie, au centre du royaume perse,
Boukhara a plus de 2000 ans. C'est l'exemple le plus complet
d'une ville médiévale islamique d'Asie centrale du Xème au
XVIIème. La ville a subi de nombreuses invasions dont celle de
Gengis Khan en 1220. Boukhara apparaît surtout comme une ville
religieuse. On parle de 365 mosquées et de 140 monuments classés au
patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.
La
balade est très agréable. Je croise par-ci par-là des touristes
déjà aperçus à Khiva. Les gens discutent dehors. Les bâtiments
sont splendides.
Le Po-i-Kalyan est
un complexe religion composé de la médersa Mir-i Arab, du minaret
Kalon et de la mosquée Kalon.

Terminé
en 1127, le minaret Kalyan faisait la fierté de Boukhara. C'était
la plus haute construction de la ville. Gengis Khan lui-même,
subjugué par sa majesté, décida de l'épargner. Du haut de ses 47
mètres, le muezzin y lançait l'appel à la prière cinq fois par
jour. Ce minaret servait aussi de tour d'observation et de phare dans
la nuit pour les caravaniers arrivant du désert. C'est du
sommet de cette tour qu'on jetait également les condamnés, enfermés
dans un sac de jute avec un chat sauvage (châtiment appliqué aux
épouses adultères) ! Usage qui perdura jusqu'au
XIXème siècle.
Petit
resto sur la place centrale. Je partage ma table avec un chauffeur de
bus pour touristes. Il m'explique entre autres que la majorité des
touristes sont français et italiens, que Boukhara est le bon endroit
pour manger des chachliks, qu'il a travaillé en France et que le bon
taux de change est d'environ 4500 soums pour 1 euro....
Le
11/08/2015. Journée consacrée à Boukhara.

l'Ark
est une forteresse dont la configuration actuelle date du
XVIème siècle. La première forteresse sur ce site a été
construite au VIIème siècle. Elle a servi de résidence aux
émirs jusqu'en 1920, date de destitution du dernier émir par les
forces russes.


La
mosquée Bolo Haouz (ce qui signifie « près du bassin »)
a été construite en 1712, en face de la citadelle d'Ark. Avant
1920, elle servait de mosquée du vendredi où venait prier l'émir.
On peut admirer l'iwan (entrée d'honneur) de 12 mètres de hauteur,
bordé d'un avant-toit soutenu de vingt colonnes de bois peint qui
servait de salle de prières d'été.
Balade
au marché de Boukhara

Le
mausolée Ismaïl Samani
Je
retrouve les jeunes Français avec leur 4L. Ca ne semble pas tourner
rond. L'un d'entre eux a perdu son passeport. Il va falloir qu'il se
rende à l'ambassade. Plusieurs expéditions font la Silk road,
d'autres participent au Mongol Rally, des Anglais en
particulier. Créé en 2003, le Mongol Rally est un raid motorisé à
vocation humanitaire qui se déroule entre Londres et Oulan-Bator,
capitale de la Mongolie, sans assistance.
La
prison de Boukhara : le Zindan.
Tristement
célèbre, cette prison construite au XVIIIème siècle
tentait de rivaliser avec l'enfer. Le vendredi, on libérait certains
prisonniers des chaînes qui leur encerclaient le cou, et les parents
ou passants compatissants pouvaient leur apporter de la nourriture
pour la semaine. La punition suprême n'était peut-être pas la mort
mais un puits de 6 m de profondeur, le " puits
noir ", où les condamnés se faisaient oublier au milieu
des rats et de tous les insectes les plus voraces. Ella Maillart
raconte que l'on élevait des punaises spécialement pour la torture
des prisonniers en les habituant à la viande crue. Certains captifs
réussissaient à y survivre plusieurs mois. En 1839, un Anglais, le
lieutenant Charles Stoddart, chargé de conclure une alliance avec
l'émir Nasrullah, goûta à la détresse du puits noir pour avoir
manqué de respect à l'émir en circulant à cheval alors qu'il
aurait dû marcher, et en marchant lorsqu'il aurait dû ramper.

De
plus, sa lettre de mission n'émanait pas de la reine Victoria. Il
séjourna six mois au fond du trou avant de gagner sa grâce en se
convertissant à l'islam. Il restait prisonnier mais avait la liberté
de circuler dans la ville et séjournait dans ses propres
appartements. En septembre 1840, un capitaine de l'infanterie légère
du Bengale, Arthur Conolly, vint s'enquérir du sort de son
compatriote et tenter de le délivrer. Peu après son arrivée,
l'armée anglaise fut défaite en Afghanistan à la bataille de
Khyber Pass. L'émir, en position de force, persuadé de surcroît
par ses conseillers que Conolly était un espion, fit jeter les deux
hommes dans le puits noir. En juin 1842, Conolly refusant de se
convertir à l'islam, les deux officiers anglais furent exécutés
sur la place du Registan, où, probablement, leurs corps reposent
toujours. On ne sait rien de leur mort, il est dit cependant que
Stoddart, converti à l'islam, mourut décapité ou égorgé mais
sans souffrances. Conolly, qui refusa la conversion, n'eut
probablement pas cette chance. L'histoire est connue grâce au carnet
que Conolly a tenu jusqu'au fond de son puits, et qui fut retrouvé
par le révérend Joseph Wolff en 1845. Celui-ci ne sauva sa tête
qu'en faisant rire l'émir, en criant " Allah Akbar "
trente fois de suite, tout en se prosternant. (Le Petit Fûté)
Cet
équipage a passé au moins six heures à essayer de réparer une
casse mécanique. Ils ont terminé à la frontale.
Retour
à l'hôtel. Je réfléchis à la deuxième moitié de mon voyage
: le Kirghizistan. Le désert et la ville me donnent des
envies de fraîcheurs et d'altitude. Coupler l'Ouzbékisan et le
Kirghizistan, comme je l'avais prévu au départ, est une excellente
option. Ne serait-ce que pour la variété des paysages. Passer de la
mer d'Aral au pic Lénine (7134m), c'est quand même pas mal. Mais je
ne peux pas organiser grand chose à l'avance. Par contre, j'écourte
d'une journée mon séjour chez les Ouzbèks pour me donner un
maximum de temps chez les Kirghizes.
Gengis
Khan
Gengis
Khan, né Temüjin, (v.1155 - 1227) est né dans les steppes
d'Asie centrale sous le nom de Temutchin vers 1155, dans le
clan mongol des Qyiat. Son père Yesügai, le chef du clan,
négocie le mariage du garçon avec la fille d'un chef de clan
voisin, Börte. Mais Yesügai meurt peu de temps
après. Orphelin, le jeune Temutchin mène une vie errante
dans la steppe avec sa mère, ses frères et sa soeur. Ayant survécu
jusqu'à l'âge d'homme, il va réclamer la main de sa fiancée.
Chose promise, chose due. Le mariage consacre le premier
rapprochement entre deux clans mongols. Rassuré sur son
avenir, Temutchin se fait bientôt proclamer Khan et
prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il ne va avoir
de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe,
Mongols et Turco-Mongols. C'est chose faite au printemps 1206. Agé
d'une quarantaine d'années, il se fait reconnaître souverain par
toutes les tribus et se voit conférer le nom de Gengis
Khan («roi universel» en mongol).
Fort
de son prestige, Gengis Khan rallie à lui deux autres peuples de la
steppe, les Ouïghours et les Öngüt, installés aux confins de la
Chine, et entame la conquête de celle-ci avec plusieurs centaines de
milliers de cavaliers. En mai 1215, il occupe Pékin, massacre
la population et rase la cité. Gengis Khan revient vers l'Ouest,
abat le royaume des Kara-Khitaï en 1218 et se retrouve dès lors
maître de toute la Haute Asie ainsi que de la Chine du nord. En
1219, il franchit le Syr-Darya, entre en Transoxiane (l'Ouzbékistan
actuel) et marche sur Boukhara. La prestigieuse cité, riche de
trésors de l'art islamo-persan, est occupée en février 1220 et sa
garnison massacrée. Mais Gengis Khan s'abstient de mettre à sac la
ville. Même indulgence pour Samarcande, le mois suivant. Par contre,
il ravage l'Afghanistan. Des centaines de milliers de gens sont
massacrés. Pour le chef mongol, cette façon de terroriser les
populations ennemies en les massacrant sitôt qu'elles esquissaient
un geste de résistance, était la seule manière de les maintenir
dans la soumission.

Reprenant
le chemin de la steppe, le conquérant meurt vers 70 ou 72 ans des
suites d'une chute de cheval. Son corps est ramené en Mongolie. Sur
le chemin du retour, son escorte tue tout témoin du cortège afin
que le lieu de sa dernière demeure reste secret. Ce lieu n’ayant
pas été découvert, le mausolée de Gengis Khan n’est en fait
qu’un cénotaphe. (Herodote.net, Wikipédia
)
Aujourd’hui,
Gengis Khan est devenu le symbole d’une Mongolie en quête
d’identité. Son visage apparaît sur des étiquettes de vodka et
des billets de banque.
Citations
« Celui
qui n’obéit pas au Iassa perd sa tête. [...] De même qu’il n’y
a qu’un dieu invisible dans le ciel, il n’y a qu’un maître sur
la terre, c’est moi, Gengis Khan. [...] Le devoir des Mongols est
de venir quand j’appelle, d’aller quand j’ordonne, de tuer qui
j’indique. [...] Le plus grand bonheur du Mongol est de vaincre
l’ennemi, de ravir ses trésors, de faire hurler ses serviteurs, de
se sauver au galop de ses chevaux bien nourris, de se servir du
ventre de ses femmes et de ses filles comme de couches et de prendre
plaisir à leur beauté... »
12/08/2015
Aujourd'hui,
je dois me rendre à Samarcande. Le taxi que j'avais réservé la
veille ne veut pas me prendre seul. Il me dépose à la station des
taxis collectifs. J'attends 15 mn, le temps de trouver encore deux
personnes pour compléter le taxi. Tout est parfaitement organisé.
Une femme médecin et ses deux enfants feront le chemin avec moi.
Nous partons vers 8h40. Changement de taxi à mi-chemin . On
contrôle mon sac à dos et mon passeport. Trois nouvelles personnes
montent avec moi pour effectuer la fin du trajet. C'est assez long.
Arrivé
à Samarcande, Installation rapide et je file en ville.
Tout
est plus grand. Samarcande c'est encore la taille au-dessus si l'on
compare à Boukhara. Il y a deux ou trois grands axes principaux.
C'est assez simple de s'y repérer. Je mange un bout dans un resto
près du Régistan. Une soupe avec pas grand chose dedans. C'est très
mauvais et j'ai faim. Deux Snikers achetés dans un petit supermarché
feront l'affaire.
Premier
passage devant la place du Régistan. Incontournable. Le centre
historique de la ville. Petite visite.
Intérieur
de la Mosquée de la médersa Tilla Kari.
Le
Régistan est difficile d'accès car une grande fête se prépare. Le
président Karimov sera de la partie. Les répétitions s'enchaînent
avec marionnettes géantes, chorale d'enfants...
Balade
dans la ville
Les
taxis se font souvent contrôlés. Ca n'a plus rien à voir avec
Khiva. Ici, les policiers sont omniprésents. On sent une pression
constante. Je dois montrer mon passeport et un papier qui prouve que
je suis bien dans un hôtel. J'achète deux bananes et deux
yaourts pour 10 000 soums dans un petit supermarché. Le prix ne
correspond pas à celui qui était affiché mais on m'explique que
les prix ont changé. Bref, c'est l'arnaque mais j'ai faim.
Samarcande est une grosse ville et l'envie profonde d'aller dans les
montagnes kirghizes gagne du terrain. Malgré la splendeur des
monuments, j'ai envie de partir. Sans doute la solitude se
ressent-elle davantage en ville. Parfois, j'ai l'impression d'errer
de mosquée en mosquée. Et pourtant je mesure la chance que j'ai
d'être ici. Il faut que je retrouve du rythme pour ne pas sombrer
dans l'ennui. Il y a une grande réunion familiale le 15 août et je
savais que je la manquerais en venant ici. Il faut savoir ce que l'on
veut. Mais, j'y pense quand même. Un de mes oncles est mort
aujourd'hui. J'ai un petit moment de mou. Heureusement, ça va bouger
demain.
Marché
de Samarcande : le Siab Bazaar.

Une petite école
La
place du Régistan à la tombée de la nuit.
13/08/2015
Visite de Samarcande.

La
mosquée Khazret Khizr attire rapidement l'attention lorsque l'on se
promène en direction du Siab Bazaar. Perchée sur une colline, cette
mosquée, dédiée à Elie, le saint patron des voyageurs et des eaux
souterraines, fut construite sur le site d'une autre mosquée,
elle-même édifiée à l'emplacement d'un des plus anciens lieux
saints de la ville, à l'époque préislamique. La vue depuis le
sommet du minaret est superbe.
Cimetière
situé juste derrière la mosquée Khazret Khizr.
Autre
cimetière situé à quelques dizaines de mètre de la mosquée
Khazret Khizr.
Retour
en ville

Des
adeptes du Mongol Rally

Islom
Karimov est le président de la République d'Ouzbékistan en
poste depuis le 24 mars 1990. Il est à la tête d'un des États
les plus répressifs au monde. Il gagne la première élection
présidentielle en 1991 avec 86 % des suffrages. En 1995, il
organise un référendum qui étend son mandat jusqu’en 2000 et
obtient 100 % des voix. Puis Karimov est réélu en 2000 avec
91,6% des voix face au seul autre candidat Djalalov. Ce dernier ne
cache même pas qu’il n’est qu’un candidat servant à donner au
régime un minimum de façade démocratique et que, d’ailleurs, il
a personnellement voté pour Karimov. En 2002, Karimov fait encore
prolonger son mandat par référendum.
Les
ONG présentes dans la région ainsi que ainsi que l'ONU dénoncent
les tortures, la répression contre l’opposition politique et
religieuse, le manque de liberté de la presse.
Voulant
créer une image positive en occident pour y obtenir des
investissements dans les industries du pays en manque de réformes
structurelles, Karimov essaie de montrer quelques signes d’évolution
du régime. Ainsi lors de la venue à Tachkent, en 2004, de Donald
Rumsfeld, secrétaire à la Défense des États-Unis, et des médias
internationaux qui le suivent, Karimov fait libérer une femme
condamnée à six ans de prison pour avoir dénoncé les tortures qui
ont causé la mort de son fils.
Ne
voulant pas être déstabilisé par les Etats-Unis, Karimov ouvre son
territoire et ses bases aériennes aux militaires américains qui
combattent en Afghanistan à partir de 2001. L’Ouzbékistan devient
pour quelques années un allié stratégique des États-Unis, et ce
jusqu’en 2005 quand il fait un brusque virage vers Moscou et
expulse les militaires américains de son sol. En 2005, il
réprime une insurrection à Andijan, dans la vallée de Ferghana, en
faisant tirer sur les insurgés à la mitrailleuse lourde, 169 morts
selon les sources officielles ouzbèks, plus d’un millier selon des
ONG présentes sur place. En 2007, Karimov est à nouveau élu
pour sept ans avec 88,1 % des voix. Trois autres candidats
« alternatifs » participent au scrutin, mais ils
soutiennent tous implicitement la candidature de leur « rival »
Karimov. En 2015, Karimov est réélu avec plus de 90 % des
suffrages. À 77 ans, le président le plus âgé des quinze
anciennes républiques soviétiques repart donc pour un quatrième
mandat de cinq ans. (Wikipédia)
14/08/2015
: Lever tranquille. Un taxi m'emmène à une banque muni d'une ATM.
Je n'ai plus beaucoup de liquide. Le Kirghizistan s'approche à grand
pas et je ne sais pas trop ce que je trouvera là-bas. Pas de chance,
le distributeur est en panne. J'ai moins d'une heure pour retirer de
l'argent et pour prendre le train à la gare principale. Mais, ça se
complique. Je dois me rendre au guichet pour demander 300$. En fait,
je dois me présenter à trois guichets !!! Ca prend 20 mn. Je
commence sérieusement à me demander si j'aurai mon train pour
Tachkent. Je regarde par la fenêtre pour voir si mon taxi n'est pas
parti avec mes affaires. Après toute une série de tampons et après
avoir complété plusieurs fiches de renseignements, je ressors
rapidement de la banque pour reprendre mon taxi. J'arrive à la gare.
Contrôle des papiers et de mon sac. J'arrive seulement quelques
minutes avant le départ.
J'ai
une place en première classe pour 18$. Tout était plein en classe
économique. Boisson et petit sandwich offert pour le trajet. Nous
sommes trois, côte à côte. Un père et son fils partagent le
compartiment avec moi. Le fils voyage pas mal pour son travail. Il
connaît un peu la France.
Mes
genoux me font mal. J'espère que je pourrai crapahuter au
Kirghizistan. Arrivée à Tachkent à 15h. Je dois trouver un taxi à
la sortie de la gare. C'est la cohue. Des dizaines de chauffeurs, des
rabatteurs me sautent dessus. Il faut faire preuve de maîtrise,
d'autorité et de patience pour trancher entre tous. 15 000 soums
jusqu'à mon hôtel situé de l'autre côté de la ville: le Jahongir
B&B hotel, voilà ce que j'ai pu négocier. Vu la distance, ça
m'a semblé correct. Installation rapide à l'hôtel. L'accueil est
chaleureux. Je jette mes affaires sur le lit et je file jusqu'au
métro. Mon objectif : me rendre au bazar de Tchorsou situé
à deux stations. Pour accéder aux quais, je dois montrer mon sac et
mon passeport et prouver que je séjourne dans un hôtel de
Tachkent.
Interdiction
de prendre des photos dans le métro. Un policier est là pour me le
rappeler. Trop tard, c'est fait.
Le
Bazar de Tchorsou, est le plus grand et plus ancien des marchés de
Tachkent. Son existence semble remonter à 2000 ans, ce qui en ferait
non seulement l'un des marchés les plus anciens d’Ouzbékistan,
mais également de toute l’Asie Centrale. Je goûte des fruits
secs, du raisin noir et des pêches.
Le
soir arrive. Je rentre à l'hôtel via le métro. Je ne suis plus
seul au Jahongir B&B hotel. Trois Français fument une
cigarette sur la terrasse. Ca me fait un bien fou de discuter avec
eux. Ils ont énormément voyagé ensemble depuis qu'ils se
connaissent, c'est-à-dire depuis l'université. Ce sont de grands
voyageurs. Ils ont notamment fait un séjour en Mongolie dans un
endroit perdu, chez l'habitant. Passionnant. Ils me racontent comment
les gens s'arment pour se défendre contre les loups. Nous décidons
de manger ensemble au resto situé à cinq minutes à pied de
l'hôtel. Ils me racontent leur voyage de neuf mois à travers
l'Asie. Ce que nous mangeons est délicieux. Ils dépensent leurs
derniers billets avant de rentrer demain en France. Je passe un bon
moment avec eux. Nous terminons le repas par une chicha à la menthe.
Nous rentrons à l'hôtel aux alentours de minuit. Demain, nos
chemins se sépareront. Eux retourneront en France, d'ailleurs, ils
ont très envie de rentrer. Et moi, je tenterai de me rendre au
Kirghizistan, et ce sera une autre aventure. Il va me falloir un peu
de courage. En attendant, bonne nuit.
15/08/2015.
Alors que toute ma famille va se retrouver aujourd'hui autour d'un
Pousse rapière, je me lève à 6h30 pour un petit déjeuner rapide.
Je monte dans un taxi qui me conduit à la station de taxis
collectifs à destination d'Och, au Kirghizistan. Comme d'habitude,
tout est parfaitement organisé. Une fois le prix négocié (20$), il
n'y a plus qu'à attendre que le taxi soit complet.

Finalement,
mon trajet se fera avec trois Ouzbèks. Pas un mot dans la voiture.
La route est longue surtout les deux ou trois premières heures. Ca
monte et nous sommes chargés. J'ai le temps de réfléchir à la
suite de mon programme. Il va falloir que je trouve deux ou trois
personnes avec qui je formerais un groupe pour faire un tour dans les
montagnes kirghizes. Ce serait l'idéal. Pour l'instant, il faut
arriver à Andijan puis passer la frontière puis se débrouiller
pour trouver un moyen de transport qui m'amènerait jusqu'à Och.
Réglons les problèmes les uns après les autres. Déjà plusieurs
check point. Toujours le même cérémonial, fouille du sac,
présentation de mon passeport. J'ai l'habitude. Je suis d'ailleurs
le seul à bord du taxi à aller au poste de contrôle, les autres
étant tous Ouzbèks. J'ai juste peur qu'ils me gardent mon passeport
pour une raison quelconque.
Arrêt
soupe. Impossible de comprendre ce q'il y a sur le menu. Je prends
comme mes compagnons de voyage. Le pain sec me cale bien l'estomac.
Arrêt
pain
Nous
arrivons à Andijan. Deux passagers descendent et je comprends à cet
instant que l'on va me conduire jusqu'à la frontière ce qui est une
bonne nouvelle. En fait, non. Le taxi me dépose à 2 km de la
frontière. Le chauffeur discute alors avec le chauffeur d'un autre
taxi. Il lui donne un billet et me dit que c'est avec lui que j'irais
à la frontière sans supplément. J'obéis, donc, et me retrouve
dans un vieux tacot complètement défoncé. Il reste très peu de
route heureusement.
A
la frontière ouzbèk, je suis vraiment seul avec mon sac. Mon coeur
bat plus vite. Les policiers, armés de mitraillette, auraient pu
faire de la figuration dans Midnight Express. Première fouille. Tout
y passe, appareil photo, ordinateur. Ils regardent mes photos, mes
fichiers. Je dos déclarer le cash que je sors d'Ouzbékistan. Deux
Belges (Léo et Amauri) complètent les petites fiches de sortie du
territoire. Je saute sur l'occasion pour leur demander ce qu'ils
envisagent de faire au Kirghizistan. Ils ont cinq jours en gros,
comme moi et veulent faire un tour dans les montagnes à partir
d'Och. Nous nous entendons immédiatement. Le groupe est formé.
Enorme soulagement. Ils vont d'ailleurs m'aider à régler un
problème. Je quitte le territoire avec les 250$ retirés à
Samarcande avant de prendre le train. Comme je n'avais pas de devises
américaines en entrant en Ouzbékistan, je n'ai pas le droit d'en
avoir pour ressortir. Du coup, Léo me prend mes dollars, les note
sur sa fiche de déclaration et me les rendra une fois la frontière
passée. Au poste, il y a également trois femmes d'une soixantaine
d'années. Et puis, nous voyons passer deux Australiennes, fort
jolies, en train de pousser leur van en panne. Nous leur proposons de
l'aide mais les policiers refusent car nous devons passer la
frontière séparément. Elles sont parties de Londres pour se rendre
en Australie. Pas peur, les filles !! Espérons qu'elles pourront
réparer leur problème d'embrayage. En tout cas, c'est la première
fois que je vois des touristes de la journée. Il est 17h. Nous avons
changé d'heure. Une heure de plus. Après 20 mn de fouille et de
paperasse, nous quittons le premier poste frontière. Nous marchons
200m avant d'arriver au poste Kirghize. Passeport, fouille,
enregistrement. Nous voici enfin a Kirghizistan !!!!!
Retour
après un séjour au Kirghizistan.
Le
21/08/2015. Après une petite semaine passée
au Kirghizistan, me voici de retour à la frontière
Ouzbèk, avec Amauri. Nous devons nous rendre à Andijan pour prendre
un avion demain. Nous nous sommes séparés de Léo qui va continuer
son son incroyable aventure en Inde (10 jours) puis en Chine (1 an)
avant de rentrer en Belgique en moto avec des potes. La séparation a
été difficile après notre superbe séjour au pied du pic Lénine.
Il faut enchaîner. D'abord, la frontière, fouille, passeport, fiche
à compléter, refouille, recontrôle... Tout se passe bien sauf pour
Amauri à qui on confisque son somnifère pour l'avion. Interdit en
Ouzbékistan.
Frontière
kirghize

Nous
prenons un taxi pour Andijan. Check point deux kilomètres après la
frontière. Fouille complète. Nous vidons complètement nos sacs.
Bien loin de nous, la tranquillité des montagnes kirghizes. Quel
contraste. Le retour en Ouzbékistan est assez désagréable. Nous
avions oublié cette pression militaire pendant quelques jours.
A Andijan, nous cherchons un hôtel. Le premier que nous avons repéré
est complet. Nous parcourons une artère très fréquentée et nous
tombons sur un hôtel assez luxueux. Après deux nuits en chambre
rudimentaire à Och et trois nuits en yourte, nous sommes prêts à
lâcher quelques dollars supplémentaires pour une chambre
confortable. 15$ par personne pour une grande chambre dans cette
hôtel haut de gamme, c'est le grand luxe. Grosse douche chaude. Puis
balade dans les rues d'Andijan.



Nous
devons échanger quelques dollars contre des soums. Rien de plus
facile à condition de savoir négocier. Nous connaissons les taux.
Des dizaines de jeunes avec des sacs en plastique remplis de liasses
de billets nous proposent toutes sortes de taux. Ils sont plutôt
sympas. Nous arrivons même à plaisanter avec eux. Amauri est rude
en affaire. Il ne lâche rien. Il y a très peu de touristes dans les
rues.
Après
plusieurs délicieux petits kebabs, nous rentrons à l'hôtel pour
nous reposer après cette longue journée. Le plus dur est passé.
Une belle nuit dans un bon lit nous attend. Le luxe, c'est quand même
pas mal de temps en temps.
22/08/2015.
Nous
avons choisi de prendre un avion pour rejoindre Tachkent car le
voyage allé était vraiment long et les paysages, après avoir vu
ceux du Kirghizistan, ne méritent pas que nous passions dix heures
dans un taxi avec cinq ou six check point à passer avec à chaque
fois le risque de voir se faire prendre nos passeports. 55 mn de vol
pour environ 54€. Il y a juste à espérer que l'avion tienne le
coup. En montant sur la passerelle, nous remarquons tout de même
qu'il n'a pas l'air né de la dernière pluie.
Le
vol s'est très bien passé. Aucun crash. Un taxi nous dépose au
Sunrise Stay Caravan. Un hôtel auberge ouvert il y a seulement un
mois. C'est une adresse exceptionnelle vu le prix (12$ la nuit), la
qualité et la propreté des chambres, les prestations proposées et
l'accueil. Le patron parle parfaitement français puisqu'il a fait
une partie de ses études à Toulouse et à Nice. Je n'y dormirai pas
car mon avion pour Paris est cette nuit à 2h30. Amauri, lui, a un
vol deux heures plus tard. Il a souhaité prendre une chambre. Je
laisse mes affaires gratuitement dans un petit local et nous partons
en balade pour notre dernière journée en Ouzbékistan. Nous
retournons au bazar de Tchorsou qu'Amauri ne connaît pas. Nous y
retrouvons deux Français que j'avais croisés à l'aéroport à
l'aller. Ils m'avaient un peu snobé à ce moment là.

Puis
repas gastronomique dans un restaurant assez unique situé tout près
d'un cirque. Nous pouvons observer les cuisiniers préparer les plats
et choisir en fonction de ce qui nous plaît. Vraiment sympa même
s'il y a un monde fou. Nous prenons au moins sept à huit plats de
différents que nous partageons. Tout est délicieux.
Balade
dans le complexe religieux Hasti Imam.


Nous
passons notre fin de journée à discuter sur une petite terrasse. Au
moins deux heures, tranquilles. C'est la meilleure façon de terminer
notre voyage. Nous profitons de nos derniers instants de liberté. Je
commence à réaliser que mon voyage était extraordinaire, mon
itinéraire assez complet, les paysages très variés et que tout
s'est parfaitement bien goupillé. Finalement, je n'aurai pas été
souvent seul. J'aurai fait pas mal de rencontres, c'est l'avantage
d'être seul, on s'ouvre davantage aux autres.
Retour
à l'hôtel pour un petit rafraîchissement corporel. Il y a une
voiture du Rally Mongol garée devant. Amauri et moi nous séparons.
Avec Amauri et Léo, ce fut une belle rencontre et une superbe
aventure.

Je
prends un taxi pour l'aéroport. Vol à 2h35. Je retrouve les deux
Français avec qui nous avions passé notre fin d'après-midi. Nous
patientons ensemble jusqu'à l'embarquement. D'ailleurs, je retrouve
d'autres passagers qui avaient pris l'avion avec moi à l'aller.
Embarquement. Vol pour Saint-Pétersbourg puis pour Paris. L'aventure
s'arrête nette après deux semaines d'aventure. Je suis assez fier
d'avoir mener à bien ce périple, seul, ce qui ne paraissait pas si
simple au départ. C'est la première fois que je voyageais seul.
C'est une vraie expérience. C'est très égoïste, surtout lorsque
l'on a une famille. Mais il faut le faire quand même. J'avais choisi
une destination sportive que je n'aurais pas fait avec des enfants de
sept ans. En tout cas, je serai heureux de les retrouver. Voilà. A
bientôt pour une nouvelle aventure.
















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































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