dimanche 20 septembre 2015

Russie 2015



Pour me rendre en Ouzbékistan, j'ai opté pour une escale de 16 heures à Moscou. A quatre heures précises, l'A320 d'Aeroflot nous dépose en douceur sur le tarmac du terminal D de  l'aéroport Sheremetyevo. Je n' ai pas dormi grand chose. Je suis à la fois excité à l'idée de me rendre sur la Place Rouge et je dois rester concentré sur les différentes étapes qui m'attendent, passage de douane, navette à prendre, métro à découvrir, argent à retirer et manger quelque chose...
 




Moscou


Me voici donc sur le sol russe pour la première fois. Et pour 16 heures. Alors il 'y a pas une minute à perdre. Ma fatigue passe au second plan. L'excitation est trop forte. Passé la douane, je n'arrive pas à réaliser que je me retrouve seul, totalement libre en Russie. Finalement, c'est assez facile. Aucun obstacle pour l'instant. Je saute dans la première navette en direction du centre ville. Il n'y en a qu'une par heure. Environ 40 mn de trajet. Je déchire un plan de métro dans un magazine qui n'attendait que moi sur le siège d'à côté. Malgré un léger picotement dans les yeux et des paupières qui s'avèrent de plus en plus lourdes, je l'étudie avec attention en grignotant un sandwich acheté une fortune dans une boutique de l'aéroport... 


 






Au terminus, tout le monde descend, évidemment. Je demande où se trouve la station de métro. Un agent me l'indique très sobrement, avec un grand geste. D'ailleurs, les Russes que j'ai rencontrés jusqu'à présent ne cultivent pas l'art du sourire. Tout fier de moi, je lui répond "spasiba" et me dirige d'un pas décidé dans les entrailles du métro moscovite. 

 








Après sept ou huit heures de trajet en RER, en avion, en navette puis en métro, je me retrouve à quelques pas de la Place Rouge. Mon coeur bat un peu plus fort. Comme tout le monde, j'ai des images de cette place mythique dans la tête et puis la chanson de Bécaud, "La Place Rouge était vide, devant moi marchait Nathalie". A la sortie du métro, le soleil levant et la fraîcheur du matin me donnent une énergie folle. Je me sens complètement libre. Je vais enfin pouvoir marcher sans contrainte. Plus de transport, je vais pouvoir découvrir la ville, tranquillement sans me soucier de rien. Ah si ! Je dois prendre des milliers de photos !!!!!!!! Très vite, je reste bouche bée devant de superbes bâtiments rouges. Je suis perdu mais je laisse volontairement tomber mon plan et je déambule dans les rues. Je me sens tellement bien à l'air frais. C'est un vrai bonheur. J'ai du temps, de quoi manger, des roubles et des photos à faire. Tout à coup, je tourne la tête sur la gauche en direction d'un porche richement ornementé et là..... Une apparition. 




 
La cathédrale Basile-le-Bienheureux. Une icône, un symbole. Une splendeur.  Je l'attendais et je ne m'y attendais pas. Epoustouflant. Rien que pour ces quelques secondes, le voyage en valait la peine. La Place Rouge est juste derrière ce porche. J'ai hâte d'y aller et je n'ai pas envie de brûler les étapes. J'immortalise ce moment magique par quelques dizaines de photographies. Qu'est-ce que c'est beau !!!! J'en suis béat d'admiration. Et puis j'avance...
     
 

  

Et là, l'immensité de la Place Rouge s'offre à moi, ou plutôt à quelques dizaines de privilégiés. Effectivement, nous ne sommes pas nombreux à fouler les pavés. Il faut dire qu'il n'est pas sept heures. Quelle chance. Il fait un temps superbe, pas un nuage à l'horizon. Un petit quinze degrés.  Tout est parfait. J'ai les jambes lourdes mais une énergie incroyable. Mes Canon 600D se mettent en action. 
 




  
Ci-dessous, le Kremlin à gauche et le musée d'histoire en arrière plan.
 







Visite de la cathédrale Basile-le-Bienheureux.



La construction de cet édifice s'est étendue entre 1555 et 1561, à la demande d'Ivan IV, dit Yvan le Terrible, afin de célébrer  la prise de Kazan par les troupes russes et la victoire sur les Tatars du Khanat de de Kazan. Selon la légende, face à une telle beauté, le tsar aurait ordonné que l'on crève les yeux des architectes Barma et Postnik, pour qu'ils ne puissent pas reproduire un tel édifice. Seulement, quelques années plus tard,  Postnik, pas plus aveugle que moi,  participa aux travaux du Kremlin de Kazan. En fait, plusieurs hypothèses s'opposent au sujet de l'identité des architectes. Il s'agirait, peut-être, d'un occidental (un Italien), ce qui expliquerait ce mélange unique de style russe et européen de la Renaissance. 
Cette cathédrale a subi de nombreuses rénovations. En 1583, à la suite d'un incendie, Les dômes ont été remplacés par les bulbes actuels. Ils n'ont cependant été peints en plusieurs couleurs qu'en 1670.    



L'intérieur
 




La  place commence petit à petit à se garnir.

 
 


 

 
 


 


  


 



 


Les murs du Kremlin.








La foule s'empare de la place Rouge. 





 




Le monument aux morts






Le Mausolée de Lénine


Adossé aux murs du Kremlin, le Mausolée abrite donc, depuis 1924, le corps de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, père de la Révolution bolchevique. Après plus d'une heure d'attente, nous sommes fouillés et nous devons passer nos sacs aux rayons comme dans les aéroports. A partir de ce moment, je sens qu'il ne faut plus rigoler avec le règlement. Nous suivons un parcours bien balisé qui longe l'enceinte rouge du Kremlin.

 



La Nécropole du mur du Kremlin. C'est ici, qu'ont été inhumées les plus hautes personnalités de l'URSS, pendant la période  soviétique. Les inhumations ont débuté en 1917 avec des victimes pro-bolcheviques de la révolution d'octobre et se sont terminées avec l'enterrement de Tchernenko en 1985. Ce site est l'équivalent du Panthéon en France. C'est devant la tombe de Staline que les touristes s'attardent le plus longtemps. Certains y déposent une fleur.  



 




 
L'entrée du Mausolée.


Après cette petite balade dans le passé historique soviétique, nous nous retrouvons devant l'entrée du Mausolée. Et très vite, l'ambiance change radicalement. Nous sommes plongés immédiatement dans le noir et la fraîcheur. Nous devons regarder où nous mettons les pieds pour ne pas rater de marche. C'est assez troublant. Je n'arrive pas à croire que je vais me retrouver dans quelques minutes en face de Lénine.

 

 


Et tout à coup, au bout d'un couloir.... la salle principale. Et là, mon regard se fixe immédiatement sur le visage de Lénine. Je n'en crois pas mes yeux. C'est vraiment Lénine. Exactement comme sur les livres d'histoire. Extrêmement impressionnant. (ci-dessous: photos prises sur les sites lemonde.fr et   funeraireinfo.fr). Déjà à Pékin, dans le mausolée de Mao, cela me paraissait surréaliste de voir le corps du dictateur chinois.


Un état de conservation exceptionnel !!!!

 

Le sang a été retiré ainsi que les fluides corporels et les organes internes. Pour conserver la forme, la couleur, la flexibilité, et la ressemblance du corps ils doivent remplacer les bouts de peau et de chair abîmés par du plastique ainsi que d’autres matériaux. Parfois il arrive que des champignons se forment sur le visage de Lénine. Pour éviter ce genre de petits problèmes, les scientifiques étudient minutieusement, chaque semaine, la peau de la dépouille à l’aide d’instruments de pointe qui permettent d'identifier le taux d’humidité, la couleur, et le contour du corps, afin d’empêcher tout risque de déshydratation. Tous les deux ans, il est immergé dans un bain de glycérol et d’acétate de potassium pendant un mois complet. Grâce à cette technique, les embaumeurs estiment «stabiliser le corps en l’état pendant des siècles». (Article de Paris Match).   



 




Pas le temps de s'arrêter pour méditer. Aucun arrêt n'est autorisé par sécurité. Nous ne restons pas plus de deux minutes dans la salle. Le flux de touristes défile sans discontinuer. C'est assez frustrant. Je ressors de cet endroit surréaliste légèrement troublé. Il me faut un certain temps pour me remettre dans l'ambiance touristique de la place Rouge.  



Ci-dessous le kilomètre zéro. Toutes les distances, en Russie, sont mesurées à partir de ce point. La tradition veut que l'on fasse un voeu en jetant une pièce de monnaie par dessus son épaule.  



 
 
Petite balade vers le pont Loujkov. Les arbres d'amour y ont un certain succès.







 






Comme il ne reste que quelques heures devant moi et que la fatigue me gagne lentement, j'opte pour un tour en bus touristique. Excellent choix. Pas cher du tout, instructif et très efficace pour apercevoir en un minimum de temps les principaux sites du centre de Moscou. 
 



L'ancien bâtiment du KGB, célèbre pour avoir été le théâtre de sombres affaires de tortures et autres atrocités. 

 




Le théâtre Bolchoï


 


 


Après une bonne heure de balade dans la ville, je me retrouve vers la place Rouge, reposé, les batteries rechargées. 

 

 




Balade dans les jardins du Kremlin







 
La ronde des mariages sur la Place rouge. De nombreux couples de mariés se font prendre en photo, certains enterrent leur vie de garçon ou de jeune fille. Des groupes s'amusent sur des chorégraphies.  




 






 








  


Poutine vénéré...

 

Lénine et Staline ressuscités...






Balade dans un célèbre centre commercial à proximité de la Place Rouge.




 

Derniers instants dans Moscou.

















 





Je profite des dernières minutes de mon escale. Les couleurs ont changé. Le soleil a tourné autour de la superbe cathédrale Basile-le-Bienheureux. Je ne peux m'empêcher de la photographier encore et encore. Certains me disaient que ça ne valait pas la peine de payer un visa de transit pour quelques heures. Ahhh !!! S'ils savaient....   

 

 


Je m'éloigne en me retournant régulièrement histoire d'emporter avec moi cette superbe image de la cathédrale.   








Et bien voilà, ma journée de transit se termine. Une journée surréaliste. Une superbe escapade. Il est temps pour moi de rejoindre la ligne de métro puis la navette qui me reconduira à l'aéroport. J'ai déjà des images plein la tête. Mon voyage commence de la plus belle des façons. Prochaine destination Tashkent en Ouzbékistan puis la mer d'Aral. Un autre monde.... (voir Ouzbékistan 2015).   


 

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