Pour
me rendre en Ouzbékistan, j'ai opté pour une escale de 16 heures à
Moscou. A quatre heures précises, l'A320 d'Aeroflot nous dépose
en douceur sur le tarmac du terminal D de l'aéroport
Sheremetyevo. Je n' ai pas dormi grand chose. Je suis à la fois
excité à l'idée de me rendre sur la Place Rouge et je dois rester
concentré sur les différentes étapes qui m'attendent, passage de
douane, navette à prendre, métro à découvrir, argent à retirer
et manger quelque chose...
Moscou
Me
voici donc sur le sol russe pour la première fois. Et pour 16
heures. Alors il 'y a pas une minute à perdre. Ma fatigue passe au
second plan. L'excitation est trop forte. Passé la douane, je
n'arrive pas à réaliser que je me retrouve seul, totalement libre
en Russie. Finalement, c'est assez facile. Aucun obstacle pour
l'instant. Je saute dans la première navette en direction du centre
ville. Il n'y en a qu'une par heure. Environ 40 mn de trajet. Je
déchire un plan de métro dans un magazine qui n'attendait que moi
sur le siège d'à côté. Malgré un léger picotement dans les yeux
et des paupières qui s'avèrent de plus en plus lourdes, je l'étudie
avec attention en grignotant un sandwich acheté une fortune dans une
boutique de l'aéroport...
Au
terminus, tout le monde descend, évidemment. Je demande où se
trouve la station de métro. Un agent me l'indique très sobrement,
avec un grand geste. D'ailleurs, les Russes que j'ai rencontrés
jusqu'à présent ne cultivent pas l'art du sourire. Tout fier de
moi, je lui répond "spasiba" et me dirige d'un pas décidé
dans les entrailles du métro moscovite.
Après
sept ou huit heures de trajet en RER, en avion, en navette puis en
métro, je me retrouve à quelques pas de la Place Rouge. Mon coeur
bat un peu plus fort. Comme tout le monde, j'ai des images de cette
place mythique dans la tête et puis la chanson de Bécaud, "La
Place Rouge était vide, devant moi marchait Nathalie". A la
sortie du métro, le soleil levant et la fraîcheur du matin me
donnent une énergie folle. Je me sens complètement libre. Je vais
enfin pouvoir marcher sans contrainte. Plus de transport, je vais
pouvoir découvrir la ville, tranquillement sans me soucier de rien.
Ah si ! Je dois prendre des milliers de photos !!!!!!!! Très vite,
je reste bouche bée devant de superbes bâtiments rouges. Je suis
perdu mais je laisse volontairement tomber mon plan et je déambule
dans les rues. Je me sens tellement bien à l'air frais. C'est un
vrai bonheur. J'ai du temps, de quoi manger, des roubles et des
photos à faire. Tout à coup, je tourne la tête sur la gauche en
direction d'un porche richement ornementé et là..... Une
apparition.
La
cathédrale Basile-le-Bienheureux. Une icône, un symbole. Une
splendeur. Je l'attendais et je ne m'y attendais pas.
Epoustouflant. Rien que pour ces quelques secondes, le voyage en
valait la peine. La Place Rouge est juste derrière ce porche. J'ai
hâte d'y aller et je n'ai pas envie de brûler les étapes.
J'immortalise ce moment magique par quelques dizaines de
photographies. Qu'est-ce que c'est beau !!!! J'en suis béat
d'admiration. Et puis j'avance...
Et
là, l'immensité de la Place Rouge s'offre à moi, ou plutôt à
quelques dizaines de privilégiés. Effectivement, nous ne sommes pas
nombreux à fouler les pavés. Il faut dire qu'il n'est pas sept
heures. Quelle chance. Il fait un temps superbe, pas un nuage à
l'horizon. Un petit quinze degrés. Tout est parfait. J'ai les
jambes lourdes mais une énergie incroyable. Mes Canon 600D se
mettent en action.
Ci-dessous,
le Kremlin à gauche et le musée d'histoire en arrière plan.
Visite
de la cathédrale Basile-le-Bienheureux.
La
construction de cet édifice s'est étendue entre 1555 et 1561, à la
demande d'Ivan IV, dit Yvan le Terrible, afin de célébrer la
prise de Kazan par les troupes russes et la victoire sur les Tatars
du Khanat de de Kazan. Selon la légende, face à une telle beauté,
le tsar aurait ordonné que l'on crève les yeux des architectes
Barma et Postnik, pour qu'ils ne puissent pas reproduire un tel
édifice. Seulement, quelques années plus tard, Postnik, pas
plus aveugle que moi, participa aux travaux du Kremlin de
Kazan. En fait, plusieurs hypothèses s'opposent au sujet de
l'identité des architectes. Il s'agirait, peut-être, d'un
occidental (un Italien), ce qui expliquerait ce mélange unique de
style russe et européen de la Renaissance.
Cette
cathédrale a subi de nombreuses rénovations. En 1583, à la suite
d'un incendie, Les dômes ont été remplacés par les bulbes
actuels. Ils n'ont cependant été peints en plusieurs couleurs qu'en
1670.
L'intérieur
La
place commence petit à petit à se garnir.
Les
murs du Kremlin.
La
foule s'empare de la place Rouge.
Le
monument aux morts
Le
Mausolée de Lénine
Adossé
aux murs du Kremlin, le Mausolée abrite donc, depuis 1924, le corps
de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine,
père de la Révolution bolchevique. Après plus d'une heure
d'attente, nous sommes fouillés et nous devons passer nos sacs aux
rayons comme dans les aéroports. A partir de ce moment, je sens
qu'il ne faut plus rigoler avec le règlement. Nous suivons un
parcours bien balisé qui longe l'enceinte rouge du Kremlin.
La
Nécropole du mur du Kremlin. C'est ici, qu'ont été inhumées les
plus hautes personnalités de l'URSS, pendant la période
soviétique. Les inhumations ont débuté en 1917 avec des
victimes pro-bolcheviques de la révolution d'octobre et se sont
terminées avec l'enterrement de Tchernenko en 1985. Ce site est
l'équivalent du Panthéon en France. C'est devant la tombe de
Staline que les touristes s'attardent le plus longtemps. Certains y
déposent une fleur.
L'entrée
du Mausolée.
Après
cette petite balade dans le passé historique soviétique, nous nous
retrouvons devant l'entrée du Mausolée. Et très vite, l'ambiance
change radicalement. Nous sommes plongés immédiatement dans le noir
et la fraîcheur. Nous devons regarder où nous mettons les pieds
pour ne pas rater de marche. C'est assez troublant. Je n'arrive pas à
croire que je vais me retrouver dans quelques minutes en face de
Lénine.
Et
tout à coup, au bout d'un couloir.... la salle principale. Et là,
mon regard se fixe immédiatement sur le visage de Lénine. Je n'en
crois pas mes yeux. C'est vraiment Lénine. Exactement comme sur les
livres d'histoire. Extrêmement impressionnant. (ci-dessous: photos
prises sur les sites lemonde.fr et funeraireinfo.fr).
Déjà à Pékin, dans le mausolée de Mao, cela me paraissait
surréaliste de voir le corps du dictateur chinois.
Un
état de conservation exceptionnel !!!!
Le
sang a été retiré ainsi que les fluides corporels et les organes
internes. Pour conserver la forme, la couleur, la flexibilité, et la
ressemblance du corps ils doivent remplacer les bouts de peau et de
chair abîmés par du plastique ainsi que d’autres matériaux.
Parfois il arrive que des champignons se forment sur le visage de
Lénine. Pour éviter ce genre de petits problèmes, les
scientifiques étudient minutieusement, chaque semaine, la peau de la
dépouille à l’aide d’instruments de pointe qui permettent
d'identifier le taux d’humidité, la couleur, et le contour du
corps, afin d’empêcher tout risque de déshydratation. Tous les
deux ans, il est immergé dans un bain de glycérol et d’acétate
de potassium pendant un mois complet. Grâce à cette technique, les
embaumeurs estiment «stabiliser le corps en l’état pendant des
siècles». (Article de Paris Match).
Pas
le temps de s'arrêter pour méditer. Aucun arrêt n'est autorisé
par sécurité. Nous ne restons pas plus de deux minutes
dans la salle. Le flux de touristes défile sans discontinuer. C'est
assez frustrant. Je ressors de cet endroit surréaliste
légèrement troublé. Il me faut un certain temps pour me remettre
dans l'ambiance touristique de la place Rouge.
Ci-dessous le
kilomètre zéro. Toutes les distances, en Russie, sont mesurées à
partir de ce point. La tradition veut que l'on fasse un voeu en
jetant une pièce de monnaie par dessus son épaule.
Petite
balade vers le pont Loujkov. Les arbres d'amour y ont
un certain succès.
Comme
il ne reste que quelques heures devant moi et que la fatigue me gagne
lentement, j'opte pour un tour en bus touristique. Excellent choix.
Pas cher du tout, instructif et très efficace pour apercevoir en un
minimum de temps les principaux sites du centre de Moscou.
L'ancien
bâtiment du KGB, célèbre pour avoir été le théâtre de sombres
affaires de tortures et autres atrocités.
Le
théâtre Bolchoï
Après
une bonne heure de balade dans la ville, je me retrouve vers la
place Rouge, reposé, les batteries rechargées.
Balade
dans les jardins du Kremlin
La
ronde des mariages sur la Place rouge. De nombreux couples de mariés
se font prendre en photo, certains enterrent leur vie de garçon ou
de jeune fille. Des groupes s'amusent sur des chorégraphies.
Poutine
vénéré...
Lénine
et Staline ressuscités...
Balade
dans un célèbre centre commercial à proximité de la Place
Rouge.
Derniers
instants dans Moscou.
Je
profite des dernières minutes de mon escale. Les couleurs ont
changé. Le soleil a tourné autour de la superbe cathédrale
Basile-le-Bienheureux. Je ne peux m'empêcher de la photographier
encore et encore. Certains me disaient que ça ne valait pas la peine
de payer un visa de transit pour quelques heures. Ahhh !!! S'ils
savaient....
Je
m'éloigne en me retournant régulièrement histoire d'emporter avec
moi cette superbe image de la cathédrale.
Et
bien voilà, ma journée de transit se termine. Une journée
surréaliste. Une superbe escapade. Il est temps pour moi de
rejoindre la ligne de métro puis la navette qui me reconduira à
l'aéroport. J'ai déjà des images plein la tête. Mon voyage
commence de la plus belle des façons. Prochaine destination Tashkent
en Ouzbékistan puis la mer d'Aral. Un autre
monde.... (voir Ouzbékistan
2015).









































































































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